Les animaux « charismatiques », favoris des programmes de conservation

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Une étude publiée dans la revue The Royal Society analyse les projets européens de financement LIFE axé sur les animaux et constate des inégalités dans la répartition des fonds.

Les efforts de conservation s’expliquent-ils par la popularité des espèces plutôt que par le risque d’extinction ? Une étude publiée par la Royal Society analyse les projets du programme européen de financement de politiques environnementales LIFE axé sur les animaux entre 1992 et 2018. Les résultats montrent que les investissements dans les vertébrés sont six fois plus élevés que ceux consacrés aux invertébrés (970 millions d’euros contre 150 millions), les oiseaux et les mammifères représentant à eux seuls 72 % des espèces et 75 % du budget total. L’une des principales conclusions de cette étude est que les dépenses effectuées dans le cadre de ce programme ont été biaisées en faveur de vertébrés « charismatiques » (souvent des mammifères et des oiseaux) plutôt que d’invertébrés.

Avec un budget annuel estimé à 20 milliards d’euros, la stratégie de l’UE en faveur de la biodiversité pour 2030 a fixé un objectif ambitieux : classer 30 % de son territoire terrestre et maritime en zones protégées et veiller à ce que les tendances en matière de conservation et le statut des espèces protégées ne se dégradent pas. L’Union européenne a récemment publié un rapport technique indiquant clairement l’intention de prendre en compte de manière plus complète les invertébrés dans le programme LIFE. Seulement, l’étude montre que compte tenu du nombre d’espèces européennes en question, il sera impossible de mettre en œuvre ce programme en couvrant l’ensemble des invertébrés et leurs habitats.

Les scientifiques proposent alors de maximiser la couverture phylogénétique et fonctionnelle des espèces visées par les projets LIFE, en appliquant un mécanisme de discrimination positive lors de leur évaluation.Cela peut être réalisé en incluant une composante taxonomique dans les évaluations futures des projets et en pondérant son score selon des critères objectifs basés sur l’unicité phylogénétique, fonctionnelle et spatiale par rapport aux projets précédents. En d’autres termes, les espèces qui ont reçu un financement important dans le passé (par exemple, l’ours et le lynx) verraient leur note pondérée à la baisse et inversement, la note du projet des espèces qui n’ont jamais reçu de fonds (par exemple, la plupart des invertébrés) augmenterait.

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