Réintroduction du grand tétras dans les Vosges: cinq associations déposent un recours

Thorsten Schulze de Pixabay

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Thorsten Schulze de Pixabay
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Cinq associations de défense de l’environnement ont annoncé samedi avoir déposé un recours en référé au tribunal administratif de Nancy contre un projet de réintroduction dans le massif des Vosges du grand tétras, un oiseau menacé d’extinction.

« Face à l’éventualité d’une catastrophe environnementale et financière annoncée », ces associations expliquent dans un communiqué avoir « décidé de déposer un recours en référé suspension devant le tribunal administratif de Nancy, et dans le même temps un recours en suspension de la capture des grands tétras devant les autorités norvégiennes ».

« Nous ne sommes pas oppposés, évidemment, à la réintroduction du grand tétras mais on ne peut pas réintroduire un animal sauvage dans un territoire d’où il vient de disparaitre pour des raisons qui sont liées à la dégradation de ce territoire », a expliqué à l’AFP Dominique Humbert, président de SOS Massif des Vosges, une des cinq associations mobilisées.

Voyant dans ce projet une « opération de communication », il souligne que les causes de la disparition de l’oiseau sont toujours présentes, citant « la surfréquentation touristique », le « changement climatique », « la gestion lamentable du gibier qui mange la nourriture naturelle du tétras, les myrtilles », et les « politiques d’aménagement touristique ».

Le projet du renforcement du grand tétras dans les Vosges, auquel la préfecture des Vosges a donné son feu vert mardi, passe par la capture de 40 oiseaux par an sur cinq ans en Norvège, pays qui compte 200.000 grand tétras.

D’un coût de 200.000 euros par an, l’opération s’inscrit dans la « stratégie de renforcement du grand tétras » pilotée par l’Etat et le parc naturel régional des Ballons des Vosges.

Ce projet avait fait l’objet d’avis défavorables rendus en février 2023 par le Conseil scientifique régional du patrimoine naturel (CSRPN) et par le Conseil national de la protection de la nature (CNPN).

Sur la base de ces avis, « le projet a été substantiellement renforcé » avec « l’appui d’un groupe de scientifiques dédié », a assuré la préfecture, évoquant des « mesures d’accompagnement » comme un « renforcement de la signalétique », afin de « canaliser la fréquentation » sur le massif et ainsi améliorer la quiétude des lieux »