Prison ferme pour un trafic de chardonnerets et de tortues

Sylvia communis de Paxabay

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Sylvia communis de Paxabay
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Un trafiquant de chardonnerets élégants et de tortues d’Hermann, deux espèces animales protégées, a été condamné à huit mois de prison ferme vendredi par le tribunal de Marseille qui le jugeait en comparution immédiate et l’a placé sous mandat de dépôt.

Le tribunal a également prononcé une amende de 1.000 euros, justifiant sa sévérité par la récidive. Cet Algérien de 44 ans avait déjà été condamné en mai 2022 à six mois de prison ferme pour des faits identiques.

Le 20 mars, des policiers municipaux en patrouille au marché aux puces de la deuxième ville de France avaient été intrigués par un homme qui, à leur vue, s’était précipitamment emparé d’un carton pour s’engouffrer dans un magasin.

Dans le carton, ils ont découvert neuf tortues d’Hermann et, dans cette échoppe de réparation en tous genres, ils ont été intrigués par le chant d’oiseaux. Dans un autre carton, ils ont découvert des cages contenant huit chardonnerets élégants.

Le prévenu a expliqué au tribunal qu’alors qu’il faisait son marché, il avait accepté de garder l’échoppe à la demande d’un ami et avait rentré le carton de tortues « pour éviter les problèmes ». Il a assuré ignorer la présence des oiseaux.

« Je les ai pas vus, ils étaient dans un carton fermé », s’est-il défendu, s’attirant cette remarque de la présidente Magali Vincent: « Ils ne chantent que lorsqu’ils voient des policiers municipaux? »

Dans son réquisitoire, au terme duquel il a requis 15 mois de prison assortis d’un mandat de dépôt, le procureur Pierre-Yves Pezzino a souligné  qu’un chardonneret élégant pouvait se vendre entre 80 et 100 euros, voire plus. Le prix de vente d’une tortue d’Hermann peut atteindre 430 euros.

« Il joue les faux naïfs et était parfaitement au courant du risque pénal encouru, à savoir jusqu’à six ans de prison puisqu’il est en récidive », a relevé le procureur qui a demandé au tribunal de « marquer un coup d’arrêt car il persiste dans son business malgré une précédente condamnation purgée sous bracelet électronique ».

De son côté, Me Hamdi a dénoncé des réquisitions « totalement disproportionnées » à l’encontre de son client qui, lui, a reconnu que: « Oui, les oiseaux, il faut les laisser dans la nature ».

Prisé pour son plumage et un chant très mélodieux, le chardonneret élégant est en voie de disparition au Maghreb et en forte régression en France métropolitaine.

En Algérie, il est particulièrement aimé comme animal de compagnie en raison d’une chanson, « ô joli chardonneret », qui aurait été composée par le militant indépendantiste et poète Mohamed El Badji, emprisonné par le pouvoir colonial français.