Biodiversité: les zones naturelles protégées en manque de personnel

Rudi Nockewel de Pixabay

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Rudi Nockewel de Pixabay
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« Plus d’employés dans les golfs aux Etats-Unis que de gardes dans les parcs nationaux dans le monde »: une étude parue jeudi dénonce le manque de personnel dans les zones naturelles protégées, alors que l’un des objectifs de la COP15 sur la biodiversité est d’augmenter le nombre d’entre elles.

Les gouvernements du monde entier se sont engagés dans des négociations sur la manière de préserver les animaux et les plantes de la destruction humaine, alors que les scientifiques préviennent que le monde pourrait être confronté à sa sixième extinction de masse. Des écosystèmes sains sont également essentiels au maintien des habitats humains et à la lutte contre le réchauffement climatique.  Rassemblant les données de 176 pays, l’étude parue dans la revue Nature Sustainability et menée en collaboration avec notamment l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le WWF et l’association Re:wild, montre que seules 555.000 personnes travaillent actuellement dans les aires naturelles protégées (parcs nationaux, réserves naturelles…), qui concernent actuellement 17% de la planète.   Parmi eux, seuls 286.000 sont des rangers, c’est-à-dire qu’ils gèrent directement ces zones avec des rôles variés incluant l’interaction avec les communautés locales et la surveillance de la faune.   « C’est très loin des niveaux requis », souligne l’étude.  L’objectif de protéger 30% des mers et des terres d’ici à 2030 (objectif « 30×30 ») fait partie du texte qui devrait être discuté lors de la prochaine COP15 axée sur la biodiversité, qui doit se réunir du 5 au 18 décembre à Montréal.  « Notre système d’aires protégées est le soutien vital de la planète, fournissant aux gens de l’eau et de l’air pur, stockant le carbone et empêchant la perte de biodiversité », a déclaré Mike Appleton directeur de Re:wild. « Pourtant, il y a plus de gens qui travaillent dans les golfs et les country clubs aux Etats-Unis qu’il n’y a de rangers dans le monde », s’est-il insurgé.  « L’objectif 30×30 est important, mais serait dénué de sens si nous ne sommes pas également prêts à investir dans les personnes destinées à gérer efficacement et équitablement ces lieux », ajoute M. Appleton.  Selon l’étude, pour protéger 30% de la planète, il faudrait 2,98 millions de personnes (soit +2,43 millions de personnes), dont 1,53 million de rangers (+1,25 millions).