A Marseille, des collectifs européens veulent élargir un manifeste anticroisières

Susann Mielke de Pixabay

75
Susann Mielke de Pixabay
⏱ Lecture 2 mn.

Plus d’une quinzaine de collectifs européens opposés à l’industrie des croisières, jugée nuisible à la santé et à l’environnement, sont réunis ce week-end à Marseille, grand port de la côté méditerranéenne française où l’hostilité monte face à cette forme de tourisme de masse.

Une trentaine de personnes, représentant les collectifs de 17 villes d’Allemagne, France, Grèce, Italie, Espagne, du Royaume-Uni et des Pays-Bas participent à ces rencontres, a indiqué Rémy Yves, un des porte-parole du collectif marseillais Stop Croisières.

Ils devaient notamment évoquer l’élargissement, au-delà du pourtour méditerranéen, d’un manifeste anticroisières adopté en avril 2023 par une dizaine de ces organisations d’Espagne, de France et d’Italie, lors d’une précédente réunion à Barcelone (Espagne).

D’autres collectifs européens, dont certains de Croatie, de Malte, de Norvège ou du Portugal, n’étaient pas représentés à Marseille, mais devraient également se joindre à ce manifeste, pour une trentaine de signataires au total à terme, selon M. Yves.

Le manifeste réclame une réduction radicale des croisières et leur disparition à terme, l’arrêt du développement des infrastructures portuaires d’accueil ou encore l’organisation d’une transition pour les secteurs du tourisme dans les villes concernées.

Ils réfutent les arguments des croisiéristes qui mettent en avant l’utilisation de carburants comme le gaz naturel liquéfié, l’utilisation d’épurateurs d’air ou encore l’électrification des quais d’amarrage pour défendre leur bilan environnemental.

Les collectifs dénoncent également les conditions d’emploi des personnels de ces paquebots.

« Le message c’est: les croisières ni ici, ni ailleurs », a souligné Rémy Yves.

Interrogé sur les décisions de Venise ou Amsterdam, qui ont interdit leurs centres-villes aux navires de croisière en 2021 et 2023 respectivement, il a estimé qu’il fallait « prendre toutes les avancées quand il y en a », tout en regrettant que « dans les faits, les bateaux ont juste été déplacés dans les ports commerciaux à côté ».

Interrogé sur l’extension de ce réseau à d’autres régions du monde, il a relevé que « la problématique de la croisière se pose clairement au delà de l’Europe », mais estimé qu’un tel élargissement n’était pas envisageable rapidement « de manière réaliste ».