« Filmer les loups, un retour à mes racines »

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3 questions à Jean-Michel Bertrand, réalisateur du film La vallée des loup, en salle depuis le 4 janvier.

ANES : Commençons avec une question souvent entendue à propos d’un animal accusé de tous les maux par certains : à quoi ça sert un loup ?

Jean-Michel Bertrand : Question d’ignorant, bien sûr ! Comme les insectes, les micro-organismes et tous les éléments de la nature, il participe de cycles naturels et d’équilibres qu’il ne bouleverse en aucune manière : il ne menace pas les animaux dont il se nourrit car sa reproduction est strictement régulée par la quantité de proies disponibles. Seuls les humains compromettent les équilibres naturels.

Le loup et l’élevage sont par ailleurs compatibles, sous réserve de comprendre comment fonctionne le prédateur et de gérer le troupeau en conséquence.

ANES : Comment le film est-il perçu ?

La vallée des loups
Film de Jean-Michel Bertrand
Durée 1h30
Produit par Jean-Pierre Bailly MC4

Jean-Michel Bertrand : L’accueil est très bon. Il ne suscite pas de polémique, pas de rejet de la part des « anti-loups », tout juste certains « écolos » ne le trouvent-ils pas assez radical ! Je note d’ailleurs que les journaux locaux, en général prompts à reprendre ces polémiques, ne le font pas. J’ai voulu un film équilibré, refusant postures et attitudes partisanes, un film de bon sens et de beauté. Reste à espérer qu’il parviendra à exister parmi les si nombreuses sorties hebdomadaires…

ANES : Vous avez longtemps filmé les humains. Comment en êtes-vous venu aux loups ?

Jean-Michel Bertrand : J’ai effectivement commencé par les humains : les bergers nomades en Mongolie durant plus d’un an ou les enfants des rues en Irlande, par exemple. Filmer les loups est, pour moi, un retour à mes racines, le Champsaur dans les Hautes-Alpes, et à ma passion d’enfance, la nature. Mais je n’oppose pas nature et humains, aimer l’une ne signifie pas du tout mépriser les autres. D’ailleurs, si je fais tout pour promouvoir mon film et le faire vivre, je commence de me dire qu’il y aura une suite. Evidemment pas une Vallée des loups n°2, mais sans doute quelque chose mettant en scène les rapports entre hommes et nature, plaçant les humains au cœur de la nature et pas contre elle.

Propos recueillis par
la rédaction d’ANES