Des chimpanzés en captivité utilisent spontanément des outils pour déterrer leur nourriture (2 mn)

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Dans une étude publiée dans la revue PLOS ONE des chercheurs de l’Université d’Oslo ont montré que des chimpanzés nés en captivité parviennent à trouver comment utiliser des outils pour extraire de la nourriture enterrée, même s’ils n’avaient jamais eu à le raire auparavant.

Des études récentes ont indiqué que les chimpanzés sauvages et les capucins barbus sont capables d’utiliser des outils pour déterrer la nourriture souterraine comme des racines, des bulbes et des tubercules, renversant les hypothèses antérieures selon lesquelles ce type d’outil était spécifique aux humains et à leurs anciens ancêtres hominidés. Dans cette étude, les auteurs ont étudié l’utilisation et la sélection d’outils chez les chimpanzés captifs, afin de mieux comprendre comment le comportement d’excavation de nourriture a pu se développer. Alba Motes-Rodrigo et ses collègues ont surveillé une colonie de dix chimpanzés (Pan troglogytes) vivant dans une enceinte insulaire au zoo de Kristiansand en Norvège, dont huit sont nés en captivité. Aucun d’entre eux n’avait auparavant fouillé la terre pour se nourrir. Les auteurs ont creusé cinq petits trous et ont placé des fruits entiers dans chacun d’eux, laissant d’abord les trous ouverts pour alerter les chimpanzés sur la présence du fruit, puis en rebouchant chaque trou. Dans un premier temps, les auteurs ont fourni des branches d’arbres et des outils en écorce prêts à l’emploi ; dans un deuxième cas, ils n’ont pas fourni d’outils. 

Neuf des dix chimpanzés ont réussi à déterrer des fruits enfouis au moins une fois, huit d’entre eux ayant choisi d’utiliser des outils plutôt que leurs mains nues pour le faire. Quand les chimpanzés n’ont pas reçu d’outils prêts à l’emploi, ils ont ramassé leurs propres outils dans la végétation des îles. Les auteurs ont observé que les chimpanzés réutilisent des outils particuliers et choisissent des outils longs plutôt que courts pour les comportements d’excavation. En plus de noter six types différents de comportements d’excavation, les auteurs ont observé des chimpanzés se relayant pour creuser un trou, et partageant même le fruit une fois extrait. Les auteurs préviennent que ces résultats ne sont peut-être pas exactement extrapolables aux populations sauvages ; et que les singes modernes ne devraient pas être traités simplement comme des remplaçants « fossiles vivants » des ancêtres hominidés. Néanmoins, ils pensent que les premiers hominidés ont peut-être réussi à utiliser des outils simples pour récolter de la nourriture souterraine d’une manière similaire à celle de ces chimpanzés.