Les « Fronts de science » de la FRB (2 min 30)

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Quelles sont les nouvelles avancées de la recherche sur la biodiversité ? Quels sont les obstacles qu’elle rencontre ? Y a-t-il des domaines qui n’ont encore jamais été explorés ? Telles sont les interrogations de la nouvelle publication de la FRB : « Fronts de science ».

Le conseil scientifique de la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité (FRB) a conduit en 2016 et 2017 un travail de réflexion et d’expertise sur les « fronts de sciences » dans le champ de la recherche sur la biodiversité. La publication qui en découle « vise avant tout à donner un aperçu de sujets en plein développement ou d’enjeux appelant de nouvelles recherches, ainsi qu’à éclairer l’actualité de la recherche sur la biodiversité pour un public non spécialiste », précise la FRB dans un communiqué. Sept fiches présentent ainsi des thématiques différentes. L’une d’elle s’interroge par exemple sur la « biodiversité des milieux extrêmes », en notant qu’il s’agit d’un « domaine peu ou insuffisamment exploré, notamment en raison de la difficulté d’accès à certains milieux ». Souvent considérés comme hostiles à la vie, ces sous-sols profonds et autres eaux souterrainnes s’avèrent en fait souvent des réservoirs de biodiversité uniques, en particulier pour les microbes. Pour mieux les comprendre, les « Fronts de sciences » proposent de favoriser les collaborations interdisciplinaires, de mettre en place de grands programmes d’exploration de la croûte continentale et de créer des infrastructures de conservation d’échantillons et de patrimoine microbiens. Dans une autre fiche, le « potentiel adaptatif » et la « prise en compte de la dimension évolutive dans les scénarios de conservation de biodiversité » sont abordés. Partant du postulat que « toutes les mesures de conservation devraient prendre en compte la capacité d’adaptation des organismes que l’on souhaite protéger et que cette capacité d’adaptation reste très difficile à définir et quantifier », la fiche propose plusieurs axes de questionnement, tels que « Comment évaluer les différentes composantes du potentiel adaptatif ? » ou bien « Quels facteurs de variation doivent être considérés pour modéliser et scénariser les dynamiques de ces potentialités adaptatives dans des environnements changeants et sous des régimes d’anthropisation variables ? » ; cela dans une optique de mieux comprendre la capacité de réponse des organismes aux changements globaux (y compris aux changements climatiques), et de définir des priorités de conservation en fonction du potentiel adaptatif des espèces. Enfin, un autre exemple de fiche est celui des opportunités et des risques offerts pour la biodiversité et les sociétés humaines par la génomique, l’édition de génome et la biologie de synthèse. Dans son communiqué, la FRB précise ainsi que « la biologie de synthèse interroge notre responsabilité lorsque l’on manipule le vivant. […] En effet, que se passe-t-ils lorsque les organismes modifiés sont relâchés dans l’environnement et interagissent avec les autres ? Quelles conséquences pour les écosystèmes ? » Autant de pistes de réflexion sur lesquelles se penchent actuellement les chercheurs.

Lire « Les Fronts de sciences 2018 »