Barrage illégal de Caussade : la préfecture exige la remise en état (1 mn 30)

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La Chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne a 3 mois pour détruire la retenue d’eau construite sans autorisation. Dans un an et demi, le site devra avoir été remis dans son état initial.

L’addition pourrait être lourde pour la chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne, qui assume totalement la construction illégale d’une retenue de 900 000 m3 d’eau sur la commune de Caussade. Malgré plusieurs décisions de la justice administrative et plusieurs injonctions des pouvoirs publics, les engins de chantier pilotés par les agriculteurs locaux ont terrassé plus de 140 000 m3 de terre pour aménager cette retenue destinée à irriguer plusieurs exploitations agricoles locales. Mais cette fois, en application d’une récente décision du tribunal administratif de Bordeaux, la préfète du département a signé un arrêté exigeant de la chambre d’agriculture la consignation sous 10 jours d’un million d’euros à titre de provision pour les travaux de remise en état du site. La Chambre d’agriculture a 3 mois pour détruire le barrage et 18 mois pour remettre le site en état : restaurer le lit de la rivière, les zones humides, les habitats détruits des nombreuses espèces protégées ; mettre en place des mesures de compensation proportionnées aux impacts liés aux travaux illégaux… A défaut, une astreinte de 500 € par jour de retard sera appliquée.
France Nature Environnement et la SEPANSO Aquitaine, les deux ONG à l’origine des recours administratifs, ont fait part de leur satisfaction après cette initiative ferme de la préfecture : « Afin de retrouver sa crédibilité en matière de gestion partagée de l’eau, et particulièrement sur le bassin Adour-Garonne, l’État devait impérativement organiser la remise en état du site mais aussi obliger à la compensation des dommages d’ores et déjà réalisés sur la nature », a ainsi déclaré Michel Dubromel, le président de France Nature Environnement. Et pour sa vice-présidente Florence Denier-Pasquier, « Il ne peut y avoir aucune complaisance avec la délinquance écologique et la prise de risques pour la sécurité publique. Ce racket de l’eau ne peut plus durer. C’est pourquoi nous déposerons dans les tous prochains jours une action en responsabilité contre la Chambre d’agriculture devant le tribunal administratif »