Gypaète barbu : nouveau programme Life

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Alors que le programme Life GypHelp, qui a permis la réintroduction du charognard dans les Alpes touche à sa fin, un nouveau programme, GypConnect, prend le relais. Objectif : connecter les populations pyrénéenne et alpine.

Le gypaète barbu est l’un des quatre vautours d’Europe, et celui occupant la niche écologique la plus extrême, puisqu’il se nourrit des restes osseux des animaux morts. C’est un colosse miraculé : au cours du XXè siècle, il était chassé à outrance et avait quasiment disparu des massifs méditerranéens. Espèce protégée, il n’en subsiste que 44 couples dans les Pyrénées, 4 en Corse et 15 dans les Alpes françaises ; tous menacés par les activités humaines. Pourtant, de par son mode d’alimentation, le rapace « joue un rôle majeur de nettoyeur des écosystèmes pastoraux », indique la LPO dans un communiqué. Il bénéficie donc d’un programme européen de soutien (LIFE), le Gypconnect.  Le programme « constitue la clé de voûte essentielle pour l’établissement d’échanges entre les plus importants noyaux de population des Alpes françaises et des Pyrénées, explique la LPO. Il concrétise ainsi la stratégie européenne de préserver les populations fragiles restantes de Gypaètes barbus, en favorisant le flux d’individus et de gènes entre les différents noyaux de population d’Europe. » Concrètement, le programme prévoit de réintroduire le gypaète barbu dans la Drôme et dans le Massif central afin de rétablir l’existence et la continuité d’échanges entre les populations des Pyrénées et des Alpes.

Cette recolonisation ne va toutefois pas sans un programme de sensibilisation du public. Ainsi, un séminaire LIFE sur l’équarrissage naturel et le pastoralisme aura lieu à Florac, dans le Parc national des Cévennes, du mardi 24 au mercredi 25 Octobre. Seront organisées, entre autres, des visites d’exploitations agricoles et des observations de vautours, afin de rassembler éleveurs, administrations, gestionnaires et ornithologues autour de quatre objectifs : le partage des expériences et des connaissances, la diffusion des actions de conservation du gypaète barbu, l’échange sur les « points de blocages et leurs origines » et la recherche d’« outils, de dispositifs de dialogue et de gestion qui permettent de nouer ou conforter les liens entre l’agropastoralisme et les grands rapaces nécrophages. »