Quatre nouveaux perroquets d’Amérique du Sud classés sur la liste rouge de l’UICN en 2020

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Les perroquets d’Amérique Latine et des Caraïbes sont pour la majorité « quasi-menacés« , « menacés » ou « éteints » selon la mise à jour 2020 de la liste rouge de l’Union International pour la conservation de la nature (UCIN). Quelles sont les espèces récemment reclassées par l’organisation internationale ?

La mise à jour 2020 de la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a reclassé quatre espèces de perroquets d’Amérique Latine et des Caraïbes dans une catégorie de menace plus élevée. Désormais, plus de la moitié de ces perroquets sont classés comme « quasi-menacés », « menacés » ou « éteints ». Les espèces reclassées sont deux amazones, un ara et une perruche. Tous les quatre sont confrontés aux mêmes menaces : perte d’habitat et persécution directe ou commerce. L’Ara de Buffon, désormais en « en danger critique d’extinction » a connu un déclin de 34 % sur trois générations en Équateur et d’un effondrement de 99 % sur la même période au Nicaragua/Costa Rica d’après l’association de protection de la nature Birdlife International. Pour causes, des perturbations de l’habitat, notamment l’abattage sélectif d’un arbre de nidification favori, et le commerce.

L’Amazone d’équateur, qui est apparu sur le radar des écologistes en 2014 a vu ses effectifs diminuer d’au moins 80 % en trois générations. La principale menace est la capture illégale pour en faire des animaux de compagnie. Le Conure à front rouge, lui aussi menacé, est un des perroquets les plus abondants d’Amérique centrale, capable de s’adapter à la déforestation et même de tolérer les zones urbaines. Il est estimé que 570 000 individus ont été capturés illégalement au cours des 25 années précédant 2019, ce qui suggère un déclin de la population allant jusqu’à 41% sur trois générations. Enfin, l’Amazone verte, espèce endémique de Jamaïque a été classé « vulnérable » à « en danger » à cause du braconnage et la destruction d’habitat (notamment une concession d’exploitation de la bauxite), de la prédation par des espèces envahissantes telles que les rats et les serpents, et surtout du changement climatique.

Pour les espèces menacées par la crise climatique, il peut être difficile de savoir quelles mesures de conservation concrètes entreprendre. Les mesures de protection doivent être adaptées à chaque espèce. Pour l’Amazone d’équateur, victime de la chasse illégale pour en faire un animal domestique, une des solutions serait d’aider les communautés locales à changer leurs habitudes et leur affection toute particulière pour les perroquets. Pour d’autres espèces il faut mettre en place une protection renforcée des forêts, des programmes d’éducation environnementale et l’élevage en captivité. Pour l’Ara de Buffon, les solutions sont entre autres de développer la recherche, la protection des habitats, l’engagement des communautés et les réintroductions, indique l’association de protection de la nature Birdlife International.