Un projet français pour protéger la forêt amazonienne

Photo d'illustration ©deltreehd de Pixabay

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La France et l’Équateur s’allient autour d’un plan visant à freiner la déforestation dans le parc national Yasuni tout en promouvant l’amélioration de l’administration équatorienne. Dans le cadre des initiatives environnementales croissantes d’Emmanuel Macron dans la région, le Brésil, la Colombie et le Pérou devraient conclurent des accords similaires.

Le Projet TerrAmaz a pour ambition d’accompagner les pays amazoniens, sur cinq territoires pilotes répartis au Brésil, en Colombie, en Équateur et au Pérou, dans leur lutte contre la déforestation et leur transition vers des modes durables de développement. L’initiative est soutenue par un financement de 11,48 millions de dollars qui sera réparti entre ces cinq pays, avec le soutien de l’Agence française de développement (AFD). Le projet en Équateur, premier sur la liste, s’attaquera à la déforestation dans le célèbre parc national de Yasuni avec un budget de près de 1,5 million de dollars. Le parc national de Yasuni est une zone protégée depuis très longtemps confrontée à de nombreuses menaces environnementales comme les récentes autorisations d’exploration et de forage pétrolier. Le ministère équatorien de l’Environnement et de l’eau a précisé que plus de 82 000 hectares de forêt ont été perdus entre 2017 et 2018 à Yasuní.

Le site d’informations Mongabay explique que le lancement récent de TerrAmaz à Yasuni est en partie dû au programme environnemental de l’administration d’Emmanuel Macron visant à sauvegarder la forêt amazonienne après les incendies de forêt qui ont ravagé le Brésil en août 2019. Lors du G7 à Biarritz la même année, le Président Français a formé l’Alliance pour la protection de l’Amazonie et des autres forêts tropicales aux côtés du président Chilien Sebastián Piñera et du président colombien Iván Duque. Cette Alliance a débloqué en urgence un plan de financements et des moyens matériels pour lutter contre les incendies en Amazonie. Un modèle de gouvernance sur le sujet a également été proposé.

Mongabay souligne que les derniers projets de la France et la création de coalitions en Amérique du Sud interviennent alors que l’accord du UE-Mercosur (important accord commercial entre l’Union Européenne et le bloc commercial sud-américain) est en attente de ratification. Le Mercosur vise la libre circulation des biens et des services, l’établissement d’un tarif extérieur commun, la coordination des politiques économiques et l’harmonisation des législations nationales. L’accord libéraliserait le commerce entre les deux continents en abaissant les droits de douane sur des produits tels que les voitures et pièces détachées européennes, les boissons et les machines destinées à l’Amérique du Sud. Dans l’autre sens, il éliminerait les barrières pour le bœuf, le soja et l’éthanol pour le biocarburant produit à partir de la canne à sucre, et devrait entraîner une augmentation de la demande en Europe pour ces produits. Certains pays craignent que cet accord ne protège pas suffisamment l’environnement et qu’il puisse entraîner une hausse de la déforestation dans les pays d’Amérique du Sud. En septembre 2019, le gouvernement français a commandé un rapport d’évaluation de l’accord commercial pour examiner ses conséquences environnementales. Un an plus tard, le rapport publié a révélé que la déforestation allait s’accélérer de 5 % par an en six ans et anéantir 700 000 hectares.

La France « ne signera pas en l’état » l’accord de libéralisation commerciale entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, a affirmé jeudi le ministre français du Commerce extérieur, qui « attend des garanties tangibles et objectivables » des quatre pays concernés « sur l’environnement et les normes sanitaires ».  « Ce n’est pas en se repliant qu’on va s’en sortir, mais nous ne nous satisferons pas d’une déclaration politique sur des engagements en matière environnementale venant des quatre pays concernés (Argentine, Brésil, Uruguay, Paraguay, NDR), cela prendra beaucoup de temps » a déclaré le ministre Franck Riester à l’AFP à l’issue d’une réunion du comité de suivi de la politique commerciale, rassemblant élus, fonctionnaires, ONG, syndicats et patrons ou responsables de filières économiques.