La Bolivie et le Paraguay s’unissent pour le guanaco (1 mn 30)

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La Bolivie et le Paraguay veulent concilier leurs efforts pour sauver le guanaco, à travers des projets de suivis transfrontaliers, mais aussi par le biais d’initiatives du gouvernement autonome guarani.

Le guanaco, apparenté au lama, occupe une grande partie de l’ouest et du sud de l’Amérique du Sud. Bien que l’espèce ne soit pas considérée comme menacée d’extinction, les faibles effectifs en Bolivie et au Paraguay et le déclin continu de l’espèce dans ces deux pays, dus principalement à la perte de son habitat, assombrissent son avenir. Mais un projet de corridor protégé en Bolivie pourrait inverser la tendance. Alors que l’espèce s’étendait autrefois sur une grande partie de la Bolivie, elle est désormais absente de la partie bolivienne du plateau andin, et moins de 200 guanacos survivent aujourd’hui dans le Chaco bolivien, selon les estimations les plus récentes. Le Chaco est une écorégion de forêts et de savanes essentiellement sèches, partagée entre la Bolivie, l’Argentine, le Paraguay et le Brésil. Mais les forêts clairsemées du Chaco disparaissent rapidement au profit de plantations de soja et de zones de pâturages pour le bétail. [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »1,2,3,4,5″ ihc_mb_template= »1″ ]

De l’autre côté de la frontière bolivienne, au Paraguay, il pourrait ne rester que 20 guanacos, selon l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). Pour surveiller cette population éparse, des chercheurs ont mené un projet de suivi à l’aide de pièges photographiques dans le parc national de Médanos de Chaco, qui se trouve juste au-dessus de la frontière bolivienne. Ce projet est le fruit d’un effort conjoint entre les ONG Guyra Paraguay et la Fondation Natura Bolivie. Treize espèces ont été photographiées par les pièges, parmi lesquelles le jaguar, le puma, et le guanaco. L’objectif du projet au long terme est de créer un plan d’action entre le Paraguay et la Bolivie pour conserver l’espèce. Par ailleurs, en collaboration avec des ONG, le gouvernement autonome guarani, en Bolivie, a proposé de créer une zone protégée appelée Área de Vida del Guajukaka (« Zone de vie pour les Guanacos »), qui couvrirait 285 000 hectares dans la municipalité de Charagua Iyambae.

La Área de Vida del Guajukaka sera la quatrième réserve établie dans la municipalité autonome et sera située au sud du parc national de Kaa-Iya del Gran Chaco. Les deux autres sont le parc national d’Otuquis et la zone de conservation de Ñembi Guasu. Ensemble, ces quatre zones protégées formeront un corridor d’habitat continu. Le projet est dans sa phase finale de consultation avec les 28 communautés indigènes et les 76 éleveurs qui possèdent des terres à l’intérieur de la réserve proposée: ces derniers doivent accepter de céder des portions de leurs terres à la réserve, et les communautés doivent accepter de ne pas défricher les terres une fois qu’elles sont protégées. Les Guaranis ont décidé de réserver 70 % de leur municipalité autonome à la conservation, les 30 % restants étant réservés aux activités économiques.

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