Les sangliers attaquent au cœur des villes !

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Le quotidien britannique The Guardian a sonné l’alarme le 30 juillet : isolés ou en hardes, les sangliers –dont la démographie explose- sèment désormais le trouble au cœur des métropoles. En Europe, mais aussi aux Etats-Unis ou à Hong-Kong. En cause : l’étalement urbain et la disparition des prédateurs.

« Quand on arrive en ville… Tout le monde change de trottoir… ». Il n’est pas ici question des zonards de Starmania, mais de la « bête noire » : les sangliers sont désormais à l’étroit dans les zones naturelles ou agricoles, dont les superficies se réduisent alors que leur population augmente rapidement. Ils viennent donc coloniser les grandes villes, où ils sèment la panique et l’inquiétude, en raison des maladies dont ils sont souvent porteurs. La population de sangliers dépasse les 10 millions d’individus en Europe, indique le quotidien britannique The Guardian dans une longue enquête. La dégradation de leurs habitats naturels les pousse vers les métropoles, où ils trouvent dans les poubelles ou auprès des fast-food, voire dans les gamelles des chiens et des chats, une nourriture riche… qui dope leur fécondité ! [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »1,2,3,4,5″ ihc_mb_template= »1″ ]

A Barcelone, particulièrement envahie par les sangliers descendus du parc naturel de Collserola qui borde la ville, la présence des sangliers a pris une ampleur telle qu’elle est devenue un problème de sécurité publique. En 2013, un policier avait même dû tirer, avec son arme de service, sur un animal menaçant. Par malheur il rata sa cible et atteignit son collègue, grièvement blessé. Depuis la ville a pris des mesures spectaculaires pour tenter de contenir le phénomène, et créé une brigade armée de tout un arsenal d’armes létales et non-létales : sarbacanes pour inoculer des tranquillisants, pièges, etc. A Berlin, on estime que près de 3000 sangliers vivent en permanence dans le quartier du Tiergarten (le parc zoologique). La municipalité emploie une brigade de chasseurs pour les réguler. A Rome, à Milan, les sangliers sont la cause d’accidents de la circulation, parfois mortels : un homme qui circulait sur un scooter a trouvé la mort en 2017 dans une collision avec un animal. Les autorités agricoles italiennes estiment à 100 millions d’euros le coût des dégâts occasionnés chaque année par les sangliers.

Le phénomène n’est pas cantonné à l’Europe. A Hong-Kong, des cas de morsures de passants par des sangliers ont été rapportés. Au Texas, les autorités sanitaires ont tenté de réduire la population d’animaux autour des villes en autorisant leur chasse par hélicoptère. Echec : les sangliers ont vite compris ce que signifiait le bruit des pales et se sont mis à couvert à l’approche des engins. Du coup, une cour de justice à autorisé la chasse… en montgolfière, dans cet état où prolifèrent 2 millions de cochons sauvages qui causent chaque année 15 millions de dollars de dégâts.

Au-delà des risques liés à leur comportement parfois agressifs, les sangliers sont porteurs de parasites dont la prolifération pourrait menacer la santé humaine ou animale. Les vétérinaires barcelonais ont trouvé sur les animaux morts ou capturés des virus de l’hépatite E, des tiques porteuses d’agents pathogènes, ou des bactéries dangereuses dont la salmonelle. En outre, l’Office français de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) signale que le sanglier est un relais, un réservoir ou un révélateur de la fièvre aphteuse, de la peste porcine classique, de la peste porcine africaine, de la maladie d’Aujesky, de la rage, de la brucellose et récemment de la tuberculose bovine.

C’est en particulier la peste porcine africaine qui cristallise aujourd’hui les craintes de la filière porcine, en raison du risques de contamination du cheptel domestique. Un risque qui a conduit les autorités sanitaires à établir un « cordon sanitaire » dans les Ardennes, pour protéger le territoire français d’une contamination via la Belgique, où le virus a été détecté.

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