Emoi en Belgique autour de la disparition d’une louve en pleine gestation (1 mn 30)

Photo © christels-de-Pixabay

975
⏱ Lecture 2 mn.

Une louve en pleine gestation repérée dans une forêt belge a disparu depuis mai, vraisemblablement tuée, ce qui révulse les défenseurs de la biodiversité, y compris aux Pays-Bas voisins.

Les défenseurs de la biodiversité s’étaient réjouis début 2018 du retour du loup en Flandre (nord de la Belgique), pour la première fois depuis plus d’un siècle. Mais la louve Naya, disparue depuis mai dernier, aurait été assassinée. « La mort de Naya est une honte pour la Belgique« , a dénoncé dans un communiqué l’antenne belge de l’organisation WWF, à propos de la louve devenue depuis un an une célébrité locale. « Les citoyens étaient impatients de voir les premières photos de ses louveteaux. Mais (…) les animaux auraient été victimes d‘un acte organisé malveillant« , a-t-elle ajouté. Aucun cadavre n’ayant été découvert, une certaine prudence est encore de rigueur. Mais le week-end dernier, l’Agence flamande pour la nature et la forêt (Agentschap Natuur & Bos, ANB) s’est dite « quasi-certaine » qu’il y a eu assassinat… [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »1,2,3,4,5″ ihc_mb_template= »1″ ]

Au moins un, peut-être plusieurs, si on considère que Naya attendait des petits. Au total, quatre loups ont été observés en Belgique depuis 18 mois, vraisemblablement arrivés des Pays-Bas ou d’Allemagne par des zones boisées frontalières. La louve Naya est l’un d’eux. Elle était suivie à la trace grâce à un collier émetteur – devenu inactif avec le temps – installé dans le cadre d’une étude scientifique menée en Pologne. La louve est arrivée le 2 janvier 2018 dans la province du Limbourg (nord-est) où elle s’est établie et a été rejointe sept mois plus tard par un loup mâle, baptisé August.

Naya était pleine lorsqu’elle a été observée pour la dernière fois en mai par des caméras de l’ANB permettant de filmer la nuit. Et August, lui, « a été vu en train d‘apporter de la nourriture fin mai-début juin« , raconte à l’AFP Marie-Laure Vanwanseele, porte-parole de cette agence flamande. « Au bout de deux semaines, il a arrêté. Il a désormais le comportement d‘un loup solitaire« , poursuit-elle, soulignant qu’August a encore été filmé le
week-end dernier. En juillet, l’ANB avait reçu un signalement anonyme faisant état de soupçons d’empoisonnement par des chasseurs, mais des investigations ont écarté cette hypothèse. Deux mois plus tard, un vol de drone a permis de repérer un 4X4 dans un périmètre interdit, à la tombée de la nuit. A son bord, deux chasseurs armés d’un fusil. Là non plus rien de probant. Ils sont interpellés mais se voient simplement retirer leur permis de chasse. A ce stade, dit Mme Vanwanseele, « on n’a pas de preuves » contre les chasseurs. Pour couper court aux accusations, une association de chasseurs flamands a d’ailleurs menacé de porter plainte en diffamation.

Trois associtaions – Bird Protection Flanders, Animal Rights et Nature Aid Centre – ont offert 20.000 € pour toute information permettant de découvrir les responsables de l’assassinat. Un entrepreneur de Wilrijk, au sud d’Anvers, a donné 10.000 € supplémentaires à Bird Protection Flanders dans l’espoir qu’une offre en espèces plus importante permettra de découvrir de nouvelles pistes. Aux Pays-Bas voisins, la Société des mammifères (Zoogdiervereniging) est montée au créneau. Soupçonnant du « braconnage« , elle a signalé que trois des 16 loups ayant pu être identifiés dans le pays depuis 2015 étaient désormais introuvables. Pourchassé par l’homme, repoussé par l’industrialisation et l’urbanisation, le loup sauvage avait progressivement disparu de la quasi-totalité de l’Europe de l’ouest depuis le début du XXème siècle. Mais il a entamé un retour depuis les années 1990, comme en France où il est remonté vers le nord depuis les Alpes italiennes.

[/ihc-hide-content]