Perturbateurs endocriniens : la Commission européenne devra (encore) revoir sa copie

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Les eurodéputés n’ont pas été satisfaits par les critères de définition des perturbateurs endocriniens (PE). L’Anses a identifié deux substances PE nocives pour l’environnement.

Les perturbateurs endocriniens attendent toujours d’être correctement définis : le Parlement européen a de nouveau opposé son véto à la dernière version proposée par la Commission européenne, avec 389 voix pour cette dernière, 235 voix contre et 70 abstentions. Les eurodéputés ont notamment indiqué que « la Commission européenne a outrepassé son mandat en proposant d’exempter certaines substances volontairement conçues pour s’attaquer au système endocrinien d’un organisme, comme dans les pesticides, des critères d’identification ». Ils craignent ainsi que certains produits phytosanitaires contenant des PE nocifs pour des espèces comme les abeilles continuent à être utilisés en toute impunité.

Dans le même temps, mandatée dans le cadre de la Stratégie française sur les perturbateurs endocriniens, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) continue son analyse annuelle de cinq substances pour en vérifier le caractère perturbateur endocrinien. Dans un avis publié le 9 Octobre, elle met en garde sur deux d’entre elles : le triclocarban, un agent antibactérien et antifongique et le TMBPF, utilisé dans le conditionnement métallique des denrées alimentaires. Tous deux peuvent avoir des conséquences négatives sur la santé humaine et l’environnement. Dans ce dernier cas, c’est principalement le triclocarban qui est remis en cause : la substance est peu biodégradable et s’avère très toxique pour les organismes aquatiques.