Les prairies de zostères fleurissent de nouveau dans l’Atlantique

Photo d'illustration © John Brew / wikimedia Commons

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Depuis deux décennies, des chercheurs américains restaurent avec succès les prairies sous-marines de zostères dans l’océan Atlantique. Leurs résultats sont présentés dans une nouvelle étude.

Les tentatives pour inverser la dégradation des habitats par une restauration active se multiplient, mais peu de succès à grande échelle sont signalés pour guider ces efforts. Une étude récemment publiée dans Science Advances présente les résultats d’un projet unique de restauration réussie des herbiers marins de zostère (Zostera marina) : depuis 1999, plus de 70 millions de graines de zostère marine ont été répandues dans les lagunes côtières du centre-ouest de l’Atlantique, ce qui a permis la récupération de 3612 ha (35 km2) de prairies sous-marines.

Les herbiers de zostères peuvent être détruits à l’occasion de catastrophes naturelles, ou à cause de maladies. Ainsi, un ouragan et une épidémie avaient anéanti 90 % des zostères poussant dans la baie de Chesapeake, aux Etats-Unis, dans les années 30. La perte des zostères avait entraîné des conséquences en chaînes sur les populations animales qu’ils hébergent, notamment le pétoncle de baie (Argopecten irradians), un mollusque bivalve.

Les scientifiques de l’Institut des sciences marines de Virginie (ISMV), qui ont disséminés les graines, rapportent que des prairies sous-marines bien développées favorisent désormais des communautés animales productives et diversifiées, séquestrent des stocks importants de carbone et d’azote, et ont permis une restauration parallèle des effectifs de pétoncles de baies. Les services écosystémiques restaurés de Zostera marina approchent des niveaux historiques, et les scientifiques constatent par ailleurs que les gestionnaires ne leur accordent pas la même valeur aujourd’hui qu’il y a neuf décennies, en mettant l’accent sur la réglementation en plus des services d’approvisionnement.

Ainsi, selon les chercheurs, cette étude peut servir de schéma directeur pour la restauration et le maintien d’écosystèmes sains afin de sauvegarder leurs multiples avantages, y compris les co-bénéfices qui pourraient émerger comme priorités de gestion au fil du temps.

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