La diversité génétique permet aux espèces de s’adapter face aux modifications de l’environnement. La protéger est par conséquent, une priorité. Dans un article publié dans Nature Communications, des scientifiques français et belges ont analysé la distribution de la diversité génétique chez plus de 8 000 populations de plantes et d’animaux afin de mieux les comprendre pour mieux les conserver.
Pour leur survie, les animaux et les plantes doivent s’adapter aux changements globaux de l’environnement comme le réchauffement climatique, la destruction des habitats ou la pollution. La diversité génétique est ce qui leur permet de s’adapter par sélection naturelle. Cela correspond à la variété des gènes au sein d’une espèce. Plus elle est grande, plus le potentiel d’adaptation est élevé. Il est donc essentiel de préserver cette forme de biodiversité. Pour développer des politiques de conservation pertinentes et durables, il est important de savoir comment la diversité génétique est répartie et quels sont les facteurs qui gouvernent sa distribution. Une équipe de chercheurs français et belges de la Station d’Écologie Théorique et Expérimentale de l’Institut de Systématique, Évolution, Biodiversité et de l’Université de Louvain ont réalisé une analyse sur la distribution de la diversité génétique chez plus de 8 000 populations et plus de 700 espèces de plantes et d’animaux.
Les chercheurs ont collecté les données génétiques à l’échelle de la population, là où les contraintes environnementales agissent sur les organismes et ont identifié les facteurs qui influencent la diversité génétique. Ils ont relevé des facteurs environnementaux comme le climat actuel ou la variabilité climatique au cours des derniers millénaires, mais aussi des facteurs biologiques, c’est-à-dire les caractéristiques des individus comme leur taille, leur fécondité et leur longévité. Enfin, ils ont relevé des facteurs biogéographique soit la place de la population au sein de l’aire de répartition de l’espèce.
Les résultats publiés dans la revue Nature Communications indiquent que la diversité génétique est distribuée de façon très hétérogène aussi bien à l’échelle de la planète qu’à l’échelle des espèces. En effet, les auteurs de l’étude ont observé que les plantes ont en moyenne une diversité génétique bien inférieure à celle des animaux. De la même manière, il y a des disparités entre les différentes espèces animales. En effet, les amphibiens et les mollusques ont une diversité génétique assez faible. Les recherches montrent que ce phénomène peut s’expliquer par la façon dont ces organismes se reproduisent.
Les scientifiques ont également pu confirmer l’hypothèse selon laquelle la diversité génétique est généralement plus forte au cœur de l’aire de répartition d’une espèce plutôt qu’en périphérie. Ils n’ont cependant pas remarqué que la diversité génétique était plus forte à l’équateur qu’aux pôles contrairement à l’idée reçue qui dit que tous les niveaux de biodiversité sont plus riches à l’équateur. Le Centre National de la Recherche Scientifique indique dans un communiqué que « Certaines généralités ont par ailleurs émergé entre les espèces, comme l’impact consistant de facteurs climatiques contemporains comme le niveau de précipitation ou la température, ou encore le rôle majeur de caractéristiques individuelles telles que la longévité ». Les auteurs de l’étude notent de manière générale que la diversité génétique est influencée par de nombreux facteurs qui parfois interagissent, ce qui nécessite que de nouvelles théories soient élaborées pour expliquer sa répartition.


