🔻 Les virus de plantes manipulent le comportement des pucerons

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Les virus de plantes manipulent-ils le comportement des pucerons pour favoriser la propagation du virus dans les cultures ? Une étude publiée dans la revue Oecologia a tenté de comprendre le phénomène afin de mieux appréhender l’expansion des pathogènes de plantes dans les cultures en lien avec l’intensification des pratiques agricoles, l’usage de certains intrants ou avec les effets du changement climatique.

Des chercheurs ont découvert récemment que les virus de plantes étaient capables de manipuler le comportement des pucerons vecteurs de ce virus. Les travaux démontrent que la manipulation du virus sur le comportement des pucerons eux-mêmes vecteurs comprenait à la fois des effets avant et après l’acquisition du pathogène. De plus en plus d’étude suggèrent que les virus de plantes manipulent la chimie et la couleur des plantes hôtes d’un virus pour favoriser la propagation de ce dernier par le biais des insectes vecteurs comme le puceron. Cependant ces études ne permettent pas de comprendre la chronologie du phénomène, les chercheurs de l’étude récemment publiée dans Oecologia ont donc réalisé des travaux pour vérifier si une telle manipulation du comportement s’opérait directement quand le puceron est porteur du virus ou lorsqu’il se nourrit d’une plante infectée. Ils ont pris en compte dans leurs recherches à la fois le statut infectieux de la plante hôte, le statut infecté du puceron et ont exploré les effets du virus circulant.

Les résultats ont montré que l’insecte porteur du virus présentait une vitesse de mouvement accrue. Leur fécondité à également augmenté ce qui multiplie les vecteurs de transmission. Enfin, ils ont découvert que le puceron avait une capacité plus efficace à exploiter les ressources de la plante, en prenant moins de temps pour atteindre son tissu vasculaire servant à la nutrition (le phloème) et en ingérant plus de sève. A contrario, les changements comportementaux et physiologiques chez les pucerons non porteurs du virus sont beaucoup moins marqués. Les chercheurs ont ainsi montré que le virus agissait davantage directement sur le comportement du puceron quand il est porteur du virus, qu’indirectement lorsque le puceron était soumis à la plante infectée.

Ces résultats permettent de mieux comprendre la propagation des virus dans les cultures en lien notamment avec l’intensification des pratiques agricoles, l’usage de certains intrants, ou avec les effets du changement climatique

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