🔻 Une floraison précoce en milieu urbain crée un décalage avec l’activité des pollinisateurs

Photo d'illustration ©iemlee de Pixabay

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Dans une étude publiée dans Okios, une équipe de scientifiques a estimé pour la 1ère fois les effets de l’urbanisation sur la phénologie des plantes à fleurs et des communautés de pollinisateurs. Ils ont observé un printemps précoce pour les plantes mais pas pour la faune qui les pollinise.

L’urbanisation est l’une des principales menaces pour les plantes sauvages et les pollinisateurs. Parce que les villes ne cessent de s’étendre, il devient essentiel de comprendre les réactions de la faune et la flore face à ce phénomène. Une équipe de scientifiques a alors mené des recherches sur les effets de l’urbanisation sur la phénologie des plantes à fleurs et des communautés de pollinisateurs. Dans l’étude publiée par la revue scientifique Okios, les chercheurs ont simultanément évalué le phénomène de floraison des plantes en espace urbain et la période de sortie des pollinisateurs.

Les analyses ont été effectuées sur 12 sites au taux d’urbanisation différents. Les scientifiques ont observé un pic de floraison dans les sites à forte urbanisation. En revanche, les communautés de pollinisateurs n’ont pas répondu au phénomène de réchauffement urbain. Aucun changement significatif n’a été observé en ce qui concerne le nombre ou la diversité d’espèces en vol. Les résultats indiquent qu’un écart entre les cycles saisonniers des plantes et des pollinisateurs dans les villes s’est formé. Ce phénomène pourrait entraîner des modifications de la structure des réseaux plantes-pollinisateurs et potentiellement avoir des conséquences négatives sur la reproduction et survie des espèces. Les plantes et pollinisateurs doivent interagir. Or, si les plantes sont confrontées à une absence de pollinisateurs, cela peut entraîner une diminution de la production de graines, indique le Centre national de recherches scientifique (CNRS), partenaire de l’étude. « De même, bien que les pollinisateurs puissent compter sur une mobilité plus importante pour trouver des plantes utiles à proximité des sites étudiés, ce décalage par rapport au moment de floraison peut être particulièrement problématique pour eux. Ils perdent leur habitat et, contrairement à de nombreuses plantes en ville, les pollinisateurs ne sont pas ou peu entretenus par l’homme (sauf pour l’abeille domestique). »

Cette étude souligne donc l’importance de comprendre et savoir gérer l’écologie des espaces verts pour garantir la présence de plantes à fleurs tout au long de la saison afin de soutenir les pollinisateurs en zone urbaine.

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