Les végétaux subissent le maximum d’extinctions dans les points-chauds mondiaux de biodiversité (2 mn 30)

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Paysage fleuri, Namaqualand, Afrique su Sud
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Une étude publiée dans Current Biology montre que les territoires de plus forte concentration en biodiversité végétale (points-chauds ou hotspots) connaissent  des taux d’extinction d’espèces plus élevés que les secteurs de biodiversité plus réduite.

Depuis le Néolithique, l’homme modifie de façon significative le monde vivant et cette pression s’est accrue durant l’Anthropocène. Ces changements incluent notamment la destruction ou l’altération des habitats, les pollutions, et les homogénéisations biotiques. De tels impacts menacent directement la biodiversité en entraînant de multiples extinctions d’espèces. Mais la biodiversité n’est pas distribuée de manière égale à la surface du globe et de ce fait les taux d’extinction peuvent varier d’une région à l’autre. Si plusieurs bilans globaux ont été récemment réalisés, l’une des interrogations majeures réside dans l’analyse de la magnitude d’extinction des végétaux terrestres, supports clés du fonctionnement de la biosphère. Les processus à l’origine de l’extinction des plantes restent méconnus car les données sont analysées à l’échelle de pays, sans considérer la nécessaire dimension biogéographique. [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »1,2,3,4,5″ ihc_mb_template= »1″ ]

L’analyse publiée dans Current Biology a été réalisée par un consortium international impliquant un chercheur de l’Institut méditerranéen d’écologie et de biodiversité marine et continentale (IMBE – CNRS). Ellea porté sur un ensemble de données parmi les plus complets au monde, incluant 291 cas d’extinctions globales ou régionales de végétaux vasculaires terrestres ou d’eau douce, selon un pas de temps compris entre 1700 et 2013. L’étude montre que les extinctions végétales ne se déroulent pas suivant un processus linéaire et que celles-ci restent relativement modérées durant les trois derniers siècles, avec un taux actuel d’extinction égal à 1,26 espèce par an. Pour les points-chauds, le taux d’extinction culmine dans les années 1920 où il est égal à 235 (23,5 extinctions par million d’espèces par an). Ce taux est bien plus faible que celui avancé par la plupart des précédentes études qui estiment une magnitude d’extinction 1 000 à 10 000 fois plus élevée que le taux naturel d’extinction (celui existant avant les premiers impacts de l’homme). Si la « plongée vers l’extinction » des végétaux demeure plus lente que celle d’autres groupes taxonomiques, cela peut s’expliquer par leurs bonnes capacités de persistance locale, souvent dans des refuges très restreints. Mais les végétaux herbacés pérennes des points-chauds méditerranéens restent soumis aux plus grands risques de disparition.  Les dix points-chauds de biodiversité analysés (principalement les cinq régions à climat méditerranéen du monde) se caractérisent par un plus grand nombre absolu et une rapidité accrue des événements d’extinction, comparés aux six points-froids retenus. Toutefois chez ces derniers, la perte d’unicité évolutive (c’est-à-dire la proportion de genres éteints) est plus importante. Les causes de ces extinctions diffèrent également : l’urbanisation, l’agriculture, et les invasions biologiques étant les facteurs prépondérants pour les points-chauds, alors que ce sont les perturbations hydrologiques qui menacent le plus les points-froids de biodiversité.

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