La déforestation émet presque autant de CO2 que les arbres tropicaux en capturent (1 mn)

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Une nouvelle étude affirme que la biomasse aérienne de la végétation des zones tropicales n’a plus d’impact positif sur le stockage du carbone.

Les puits de carbone que représente la biomasse aérienne de la végétation des zones tropicales compensent désormais tout juste les émissions de carbones de ces mêmes zones. C’est le résultat alarmant d’une étude publiée par des chercheurs de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) et du Centre National d’Etudes Spatiales (CNES), en collaboration avec de nombreux instituts de recherche internationaux. Les scientifiques ont analysé et sont parvenus à quantifier, au cours de la période 2010-2017, l’évolution des stocks de carbone dans la biomasse aérienne de la végétation de l’ensemble de la zone tropicale (Amérique, Afrique, Asie). [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »1,2,3,4,5″ ihc_mb_template= »1″ ]

« Le bilan de carbone de la biomasse aérienne s’établit ainsi à +0.11 Gt (milliards de tonnes) de carbone par an sur 2010-2017, compensant ainsi seulement environ 1% des émissions anthropiques des gaz à effet de serre« , explique le CNRS dans un communiqué. Le bilan demeure toutefois partiel, et doit donc être relativisé, car les changement des stocks de carbone dans le sol ou dans la biomasse racinaire n’ont quant à eux pas pu être analysés. « L’effet positif de la végétation dans la zone tropicale qui limite l’augmentation du carbone dans l’atmosphère, via le stockage de carbone dans la biomasse aérienne devient neutre, » développe le communiqué.

La faute notamment à la déforestation et à des épisodes climatiques particuliers, comme El Niño, qui contribuent à augmenter les émissions de CO2 dans l’atmosphère. Ainsi, les gains produits dans les régions où la forêt est un puits de carbone (estimés à +2,97 Gt C / an), comme au centre des bassins d’Amazonie et du Congo, sont désormais quasiment compensés par des pertes de carbone (estimées à -2, 86 Gt C/ an). L’étude se montre pessimiste pour le futur : « les résultats de cette étude suggèrent donc que nous traversons une étape de transition, au cours de laquelle les régions tropicales ont basculé du rôle de puits de carbone vers un rôle quasi neutre qui préfigure peut-être une future phase au cours de laquelle ces mêmes régions deviendraient une source de carbone atmosphérique, accélérant ainsi le réchauffement global. »

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