Jadis, les espèces se formaient plus rapidement quand le climat se réchauffait (1 mn 30)

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Une étude montre que la diversification d’une part importante de familles de tétrapodes s’explique mieux par des modèles prenant en compte les changements passés des températures mondiales.

L’étude des relations de parenté entre êtres vivants (la phylogénie) établit que la différence entre le taux de formation (spéciation) et de disparition (extinction) d’espèces au fil des âges forme le taux de diversification, qui correspond à la dynamique des changements de diversité sur les arbres phylogénétiques. Un paradigme majeur a émergé de l’étude de ces arbres: les taux de diversification, élevés à l’origine d’un groupe d’espèces, décroissent au cours du temps. Les groupes se diversifient plus lentement aujourd’hui, mais les facteurs à l’origine de ces variations demeurent flous. Jusqu’à aujourd’hui, les études ne prenaient en compte que des facteurs biotiques, tels que les limites écologiques imposées par les ressources du milieu ou la compétition entre espèces. Mais certains facteurs abiotiques, telles que les variations climatiques, étaient peu pris en compte. [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »1,2,3,4,5″ ihc_mb_template= »1″ ]

Des chercheurs de l’Institut des Sciences de l’Evolution de Montpellier (ISEM) et de l’Institut de Biologie de l’Ecole Normale Supérieure (IBENS) ont appliqués des modèles phylogénétiques de diversification de pointe à 218 phylogénies de familles de tétrapodes (amphibiens, crocodiles, mammifères, oiseaux, squamates, et tortues), dans lesquels les taux de diversification dépendent soit de la diversité soit des variations de température passées, ou bien ne dépendent pas de ces facteurs. « Pour une grande proportion des familles étudiées, nous trouvons que leur diversification est positivement corrélée à la température, ce qui suggère que des phases importantes de diversification se sont déroulées lors des périodes climatiques chaudes« , explique le Centre nationale de la recherche scientifique (CNRS) dans un communiqué. Des spéciations plus rapides ont été favorisées par des températures globales élevées, ce qui pourrait expliquer les ralentissements de la spéciation avec le refroidissement du climat durant l’ère du Cénozoïque. Les auteurs n’extrapolent toutefois pas ces résultats aux changements climatiques actuels, d’origine humaine. En effet, « il pourrait y avoir un effet du taux de variation de la température en même temps que la température elle-même, et ce taux est plus rapide aujourd’hui que dans le passé. »

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