Orpaillage : l’industrie mondiale veut se responsabiliser ; FNE demande un moratoire en Guyane (2 mn)

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Les membres du Conseil mondial de l’or ont listé de nouveaux principes de responsabilité pour l’extraction minière concernant le respect des droits humains et de l’environnement. En France, FNE a demandé un moratoire sur les titres miniers en Guyane.

Le Conseil mondial de l’or (CMO) a invité jeudi 12 septembre ses membres et partenaires à respecter de nouveaux principes de responsabilité pour l’extraction minière, visant particulièrement à promouvoir le respect des droits humains et de l’environnement. Ces principes prennent la forme d’engagements non contraignants et établissent des normes à respecter sur la gouvernance équitable, sur les droits humains des travailleurs du secteur, ainsi que sur la protection de l’environnement. Les compagnies adoptant ces principes s’engagent entre autres à « s’opposer catégoriquement à la corruption« , à « respecter les droits humains des employés et des communautés affectés par les activités de la compagnie« , ou encore à « s’assurer de la protection des écosystèmes fragiles affectés par les activités minières« , selon le document. Dans un communiqué de presse, l’organisation sectorielle explique qu’elle espère que ses « principes deviennent un cadre crédible et reconnu grâce auquel les compagnies minières pourront garantir la production responsable de leur or« . [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »1,2,3,4,5″ ihc_mb_template= »1″ ]

Les principes offrent aux compagnies qui décident de l’adopter « un encadrement simple et direct permettant aux investisseurs, consommateurs et acteurs de la chaine d’approvisionnement de leur accorder plus de confiance« , a expliqué à l’AFP Terry Heymann, un des responsables du CMO qui espère que cette liste devienne « une nouvelle norme pour lindustrie » dont la mise en oeuvre complète pourrait prendre environ trois ans. L’année dernière, le London Metal Exchange (LME), plateforme boursière londonienne consacrée aux métaux industriels, avait déjà officiellement proposé à ses utilisateurs d’adopter les normes éthiques de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) pour assurer une meilleure traçabilité des matières premières, comme le cobalt. Ces normes visent à s’assurer que les entreprises oeuvrant dans des zones de conflit ou à haut risque « respectent les droits humains, évitent de contribuer à des conflits et contribuent positivement à un développement durable et équitable« .

En France, l’association France Nature Environnement (FNE) a demandé un moratoire sur les titres miniers en Guyane, en attendant la réforme du code minier annoncée pour la fin de l’année. Fin août, des élus de Guyane, ainsi que le président du Grand conseil coutumier, avaient signé une tribune commune, réclamant la création d’un fonds international « contre les feux de forêt et pour le reboisement« . Mais dans une autre tribune, le Grand conseil coutumier avait souligné que le feu n’était « pas le seul danger qui menace ou détruit l’Amazonie« , pointant « l’extractivisme (exploitation industrielle de la nature) » qui « a une grande part de responsabilité« . Le Grand conseil coutumier avait notamment regretté qu’Emmanuel Macron ait « attribué 360.000 hectares de forêt aux multinationales minières en Guyane« . Ainsi, depuis 2015, une vingtaine de permis d’extraction ont été accordés ou renouvelés en Guyane. FNE a appelé dan un communiqué à un moratoire sur les titres miniers et une révision du schéma départemental d’orientation minière en Guyane, ainsi qu’un moratoire sur le cyanure, « utilisé à plus de 80% dans l’industrie minière mondiale« .

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