Donne-moi ta couleur, je te dirai ta résistance aux parasites (2 min)

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Une étude montre que la coloration des animaux fait varier leur résistance aux maladies : plus un individu est foncé, plus il s’expose aux parasites, mais mieux son système immunitaire les combat.

La coloration naturelle des animaux joue-t-elle un rôle dans leur résistance aux parasites ? C’est ma question à laquelle ont essayé de répondre des chercheurs du laboratoire Evolution et Diversité Biologique de l’Université de Toulouse, en collaboration avec des scientifiques de la Station d’Ecologie Théorique et Expérimentale de Moulis, de l’Université de McGill et de Sorbonne Universités, dans une étude parue récemment. La diversité de coloration des animaux a déjà souvent été étudiée dans le cadre des comportements de séduction et d’accouplement, par exemple chez les oiseaux. Mais cette variabilité de coloration influe également sur la réponse des animaux à des agents pathogènes. Deux principaux types de pigments sont à l’origine des couleurs chez les vertébrés : les caroténoïdes, responsables des couleurs oranges, roses ou encore rouges ; et la mélanine, responsable des colorations brunes et noires. Différentes publications scientifiques ont déjà prouvé que ces dernières induisent des comportements différents par rapport aux animaux dotés de couleurs claires : les individus foncés possèdent une meilleure protection contre les rayons UV et hésiter ont moins à s’exposer au soleil. Or cela pourrait augmenter leurs chances d’exposition aux parasites, comme l’explique le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), qui a participé à l’étude, dans un communiqué : « par exemple, en étant plus actifs, plus explorateurs et plus agressifs, les individus les plus foncés pourraient être exposés à un nombre plus importants de parasites dans leur environnement que les individus plus clairs, avec des conséquences potentielles pour la prévalence de pathogènes dans les populations sauvages. » Ce risque est toutefois contrebalancé par le fait que, par rapport aux animaux clairs, les individus foncés possèdent souvent un système immunitaire plus efficace, lié à la synthèse de la mélanine, et qui leur permettrait de mieux réguler leurs infections. La règle vaut par ailleurs pour des individus d’une même espèce mais aux colorations différentes : « les pigeons au plumage plus foncé ont par exemple une meilleure réponse immunitaire cellulaire et présentent moins de parasites de la malaria dans leur sang que les pigeons plus clairs. » Les chercheurs précisent toutefois que les résultats restent variables et semblent dépendre fortement de l’« espèce considérée et du contexte environnemental, en particulier des facteurs de stress liés aux activités anthropiques. » Pour reprendre l’exemple des pigeons : les individus foncés ont moins de parasites que les plus clairs… mais seulement dans les zones les plus urbaines « La pollution et la quantité de nourriture liée aux activités humaines pourrait donc affecter les coûts et bénéfices associés à l’immunité », conclut le CNRS dans son communiqué.