Chasse : la LPO dénonce une nouvelle « hypocrisie » de la France (2 mn)

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La Ligue pour la protection des oiseaux fustige le vocable utilisé par le gouvernement dans un décret prévoyant des dérogations pour la chasse de certains oiseaux, qui permettrait aux chasseurs de contourner la Directive Oiseaux.

La France fait en ce moment l’objet de l’ouverture d’une infraction de la part de la Commission européenne pour avoir contrevenu à la Directive Oiseaux en autorisant la chasse aux oiseaux migrateurs en février et pour être le dernier pays à autoriser le piégeage des oiseaux avec de la glu. La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) dénonce pourtant, dans un communiqué, une nouvelle « hypocrisie au plus haut niveau de l’Etat, en matière de protection de la biodiversité, dès lors qu’il s’agit de favoriser les abus de la chasse en France. » [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »1,2,3,4,5″ ihc_mb_template= »1″ ]

L’association affirme ainsi qu’un récent décret gouvernemental introduit «de sournoises subtilités juridiques » afin de pouvoir contourner la Directive Oiseaux en faveur des chasseurs. Le décret en question, le n° 2020-612 du 19 mai 2020, précise les modalités de mise en œuvre des dérogations pour la chasse de certains oiseaux de passage : « l’utilisation de modes et moyens de chasse consacrés par les usages traditionnels est autorisée dès lors qu’elle correspond à une exploitation judicieuse de certains oiseaux.»

Selon la LPO, qui rappelle que le Président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), Willy Schraen, « tenait la plume pour le Ministère» dans le cadre de la rédaction de ce décret ; ce dernier n’est qu’une « énième tentative des lobbies cynégétiques de faire prolonger la chasse aux oies migratrices en février […] et de pérenniser les chasses traditionnelles, dont le piégeage à la glu, désormais qualifiées dans ce texte d’ ‘exploitation judicieuse de certains oiseaux’ et donc susceptibles de ne plus contrevenir à la Directive Oiseaux car conformes au vocable employé dans son article 9.1.c.»

La consultation publique préalable au décret avait recueilli 13752 avis recevables dont 57% étaient défavorables au projet, pourtant maintenu en l’état. « Il va devenir de plus en plus difficile pour la France, dernier pays européen à chasser un oiseau en danger comme le Courlis cendré et à piéger les oiseaux avec de la colle, de donner des leçons de préservation de la nature au reste du monde », affirme la LPO, qui parle d’un déni de démocratie.

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