🔻 « Villas Ferracci » : la justice rejette la demande de démolition

Photo d'illustration © Macmaus de Pixabay

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Les « villas Ferracci« , construites illégalement par un homme d’affaires sur un site remarquable de Corse-du-Sud, ne seront pas détruites pour réparer le préjudice causé à l’environnement, a statué lundi 12 octobre 2020 la cour d’appel d’Aix-en-Provence.

La justice vient de rejeter la demande de démolition des villas construites par l’homme d’affaires Pierre Ferracci en Corse-du-Sud, déjà condamné à un million d’euros d’amende. Interrogé par l’AFP, Pierre Ferracci, le propriétaire des deux villas de Bonifacio, se félicite que les magistrats reconnaissent sa « bonne foi » dans cette affaire emblématique de l’urbanisme insulaire. Il s’estime « victime d’une démarche délétère, mensongère, calomnieuse et d’une grande violence » de la part des associations écologistes qui voulaient la démolition des deux villas (plus de 500 m2 au sol et une piscine). L’homme d’affaires, PDG du groupe de conseil Alpha et président du Paris Football Club, avait été condamné en première instance au pénal puis en appel pour avoir modifié sans le déclarer le permis de construire initial.

M. Ferracci avait accepté de payer une amende d’un million d’euros, la moitié du coût de son projet : construire une maison pour sa famille sur sa terre natale, au-dessus de la plage de Rondinara, « la plus belle d’Europe » selon l’office de tourisme de Bonifacio. Mais l’association écologiste corse U Levante avait poursuivi les démarches judiciaires en intérêts civils, estimant que seule la démolition des villas permettrait de réparer le préjudice environnemental. La cour d’appel de Bastia n’ayant pas donné suite à cette demande en 2017, elle s’est pourvue en cassation.

En mars 2019, la Cour de cassation, dans un arrêt qui ne remet pas en cause l’amende infligée, avait renvoyé l’affaire devant la cour d’appel d’Aix. « Ça laisse l’impression qu’il suffit de faire un gros chèque pour s’exonérer de l’obligation de remettre en état (les sites naturels, ndlr) », a réagi auprès de l’AFP Me Benoist Busson, avocat de U Levante, qui souhaite se pourvoir en cassation. « L’amende est là pour stigmatiser et pour éviter la récidive, elle n’est pas là pour réparer. L’atteinte à l’environnement demeure », a-t-il ajouté, craignant que cette affaire ouvre la porte à de nouvelles opérations immobilières menaçant l’environnement en Corse.

M. Ferracci, un proche du président de la République Emmanuel Macron, avait estimé lors de l’audience s’être « fait piéger » : « On m’a laissé construire plus petit que prévu, mieux intégré, pour ensuite m’attaquer ». L’homme d’affaires avait assuré que le site était urbanisé depuis 1967, et que son projet a préservé, « voire amélioré » la présence des espèces. En décembre 2019, les villas Ferracci avaient été visées par un attentat aux bonbonnes de gaz revendiqué par le FLNC « dit du 22 octobre« , un mouvement clandestin nationaliste corse qui dénonçait « l’extension exponentielle de la construction » immobilière sur l’île.