Les oies sont toujours chassées malgré l’interdiction (1 min 30)

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La LPO dénonce un stratagème de l’Etat visant à permettre aux chasseurs de continuer à abattre des oies malgré l’interdiction du Conseil d’Etat. Les associations souhaitent porter l’affaire devant la Cour de Justice de l’Union Européenne.

Le feuilleton de la chasse aux oies migratrices continue. Alors que le Conseil d’Etat a ordonné, le 6 février, la suspension de l’arrêté du gouvernement autorisant la chasse aux oies après la date de fermeture du 31 janvier, la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) rapporte que celles-ci continuent à se faire tuer impunément et dénonce des « trésors d’ingéniosité » de l’état pour faire ce cadeau aux chasseurs. « Pour commencer, les Ministres ont pris soin de signer leur arrêté le 30 janvier 2019, la veille de la fermeture officielle du 31 janvier, explique la LPO dans un communiqué. Ainsi, le temps que les associations saisissent le Conseil d’Etat, et que ce dernier ait le temps d’examiner la requête, plusieurs de jours de chasse hors période d’ouverture, dont un week-end, étaient garantis. » Mais surtout, l’association révèle que le jour de la décision, immédiatement applicable, du Conseil d’Etat, le Président de la Fédération Nationale des Chasseurs, Willy Schraen, a garanti à ses adhérents sur Facebook qu’avec le « feu vert » du gouvernement, la chasse pourrait se terminer le 7 février, « sans aucun risque pour [eux] ». Ce jour-là, les Préfets recevaient la directive de mettre en œuvre la décision du Conseil d’Etat, avec la précision que, face au risque de débordements lors des contrôles de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS), ils pourraient être mis à contribution pour sécuriser les interventions. La LPO révèle ensuite que le 8 février, au moins un Préfet de Région aurait instruit ses préfets de suspendre « tous les contrôles d’installations de chasse au gibier d’eau, jusqu’à nouvel ordre ». La LPO et d’autres associations ont signalé cette infraction au ministre François de Rugy le 9 février, pour un résultat inverse de celui désiré : « le même jour à 17h50, les services de la police de la nature normalement en charge de verbaliser les contrevenants recevaient un nouvel ordre : ‘Je vous demande désormais de ne procéder à aucun contrôle et de cesser toute surveillance à proximité des tonnes. Si vous êtes interrogés, vous répondez simplement que la chasse des oies est interdite et aucun mot sur nos consignes internes’ ». En conséquence de quoi ces associations, accusant l’état de « complicité » dans la poursuite de la chasse aux oies 11 jours après son interdiction officielle, ont décidé de porter l’affaire devant la Commission Européenne en vue d’une plainte devant la Cour de Justice de l’Union Européenne.