Echouages de dauphins : comment stopper l’hécatombe ? (2 mn)

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Chaque année, plusieurs milliers de cétacés s’échouent ainsi sur le littoral atlantique, blessés mortellement par les engins de pêche. Des solutions existent, mais tardent à être mises en œuvre. Le président de la LPO Allain Bougrain-Dubourg a adressé un courrier au ministre de l’écologie.

L’an dernier le gouvernement présentait un certain nombre de mesures dans le Plan biodiversité dont l’action n° 43 qui prévoyait de « mettre en place dès 2018 un plan national pour la protection des cétacés afin de limiter leur perturbation, réduire significativement les échouages de mammifères sur les côtes françaises et les captures accidentelles dans les filets de pêche ». Pourtant, les associations de protection de la nature constatent qu’en dépit de ces bonnes intentions affichées, le dossier n’avance pas. Les cétacés sont principalement victimes des chaluts-bœufs (filets en forme d’entonnoirs tractés par deux bateaux), et des filets maillants dérivants (filets verticaux pouvant mesurer plusieurs kilomètres de longueur). Plus de 200 000 oiseaux marins par an sont également victimes de la pêche, auxquels il faut ajouter 44 000 tortues et de nombreuses espèces de poissons menacés comme les requins. Trop de puffins, pétrels, fulmars et canards marins meurent accrochés à un hameçon ou empêtrés dans un filet.

D’après la LPO, la France serait, avec l’Espagne, le seul pays à refuser les progrès techniques pour éliminer les captures accidentelles d’espèces sensibles proposés par le Parlement Européen. Son président Allain Bougrain-Dubourg rappelle dans son courrier au ministre les solutions simples et économiquement viables qui ont déjà été identifiées :

  • Mettre en place des programmes scientifiques nationaux pour prendre la mesure du sujet, lutter contre les captures accidentelles d’oiseaux marins et indiquer où des solutions d’atténuation peuvent être testées.
  • Définir une gamme de solutions d’atténuation à déployer sur les palangres pour lutter contre les captures accidentelles d’oiseaux marins, notamment les dispositifs d’effarouchement, la pose de nuit et le lestage des lignes.
  • Veiller à ce que des mesures spatiales soient appliquées lorsque les scientifiques ont identifié des zones de capture accidentelle d’espèces marines, jusqu’à ce qu’elles puissent être remplacées par d’autre solutions d’atténuation.

Certains navires sont équipés de pingers, des balises acoustiques répulsives destinées à repousser les petits cétacés et dauphins hors des zones où ils risquent d’être pris dans un filet de pêche, et dont l’efficacité a été prouvée. Mais peu de pêcheries française acceptent encore d’y recourir.