Inquiétudes et crispations autour de la création de l’OFB (2 mn 30)

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L’absence d’une direction consacrée à la mer et au littoral dans l’organigramme du futur Office français de la biodiversité inquiète syndicats et élus. Et les dispositions sur la chasse semblent encore peu claires, à cinq mois du jour J.

La fusion, au sein de l’Office français de la biodiversité (OFB), de l’Agence française pour la biodiversité (AFB), et de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) se fera-t-elle au détriment du littoral et des aires marines protégées ? C’est ce que craignent syndicats et élus littoraux, et leurs craintes ont été avivées à la découverte du « macro-organigramme » dévoilé par le directeur de préfiguration nu futur Office, qui ne comporte pas de direction affectée aux milieux marins.  Construite il y a trois ans autour de l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (ONEMA), l’AFB est particulièrement compétente dans la gestion des milieux d’eaux douces. [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »1,2,3,4,5″ ihc_mb_template= »1″ ]

L’ONCFS, de son côté, déploie son expertise sur les milieux terrestres. Et la mer ? La jeune Agence des aires marines protégées (AAMP), intégrée à l’AFB à sa création, est-elle vouée à être dissoute dans la nouvelle structure ? Les syndicats du futur office le redoutent. « La création de l’Office français de la biodiversité sonne le glas de l’ambition de la France et de son rôle moteur en matière de protection du milieu marin,écrit la CGT dans un communiqué. L’organisation retenue et le manque de moyens attribués à la composante marine de l’OFB impliqueront la fin de la cohérence des politiques nationales et européennes de protection du milieu marin ; l’éclatement du réseau des aires marines protégées, en particulier celui des parcs naturels marins ; l’isolement des problématiques ultramarines, particulièrement dans leur dimension marine, au sein d’une direction unique et sous-dimensionnée ; l’affaiblissement de l’expertise marine de l’établissement, par un saupoudrage de ses moyens humains et financiers ».Leurs craintes sont partagées par les présidents des conseils de gestion des 7 parcs naturels marins et du sanctuaire AGOA. « Nous souhaitons attirer votre attention sur le risque qu’une telle approche ne conduise à détricoter un outil innovant et efficace, qui a permis depuis 2006 la création d’un réseau cohérent d’aires protégées avec l’implication des acteurs locaux au service de la protection des milieux marins », écrivent-ils dans un courrier adressé au ministre de l’écologie François de Rugy.

 De son côté, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) salue le travail de la Commission mixte paritaire (CMP) qui a gommé dans le texte définitif de la loi de création de l’OFB les dispositions « contre nature » introduites par le Sénat : « L’établissement public s’appellera bien Office français de la biodiversité (et non pas de la biodiversité et de la chasse) et il n’aura pas dans ses missions de contribuer « à l’exercice de la chasse et de la pêche en eau douce durables » ; l’article qui créait un délit d’entrave à la chasse est supprimé ; enfin l’article visant à considérer les chasses traditionnelles comme patrimoine national est supprimé ».Elle demeure toutefois opposée à «  une disposition révoltante, la mise en place d’un fonds réservé aux seuls chasseurs par le prélèvement de 5€ sur chaque permis, ainsi que par 10€ supplémentaires d’argent public. Soit 11 millions d’euros que verseront de leur poche les Français et les Françaises, quand l’État n’est pas capable de trouver des budgets pour les espaces protégés et les espèces en danger… Nos associations, poursuit le communiqué de la LPO,vont donc examiner toutes les possibilités pour empêcher la réalisation de cette disposition insensée et scandaleuse ».

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