WWF France doit être plus transparent avec ses donateurs (Cour des comptes) (1 mn)

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Le WWF France doit mieux informer le public sur la destination des dons qu’il reçoit, a souhaité lundi la Cour des comptes, estimant toutefois que les dépenses de l’ONG sont « globalement conformes » à ses objectifs.

L’association créée en 1973, qui fait partie du réseau WWF International, tirait en 2015-2016 près de deux-tiers de ses ressources des appels à la générosité publique, soit 13 millions d’euros sur 21 millions, selon le rapport publié par la Cour. Mais « les modes d’appel à la générosité du public et l’information des donateurs doivent être clarifiés, afin d’assurer une plus grande transparence », insiste le texte. Parmi les « défaillances », la Cour des comptes pointe du doigt le fait que les appels à la générosité sont « centrés sur la protection d’espèces emblématiques » (grands singes, fauves, grands cétacés, sans oublier le fameux panda présent sur le logo de WWF) alors que les dons ne sont pas nécessairement affectés à ces programmes de conservation. Les appels aux dons « ne mentionnent pas explicitement que le don effectué peut être utilisé pour des actions de sensibilisation », note le rapport. Braconnage, déforestation, changement climatique… Pour protéger une espèce en voie de disparition, il faut « traiter le problème à sa source et donc agir sur nos modes de consommation et de production, note la présidente du WWF France Isabelle Autissier dans une lettre jointe au rapport, qui date de début avril. Inversement, travailler sur les chaînes alimentaires et agricoles permet de protéger en amont les écosystèmes et leurs habitants, poursuit-elle, assurant que les donateurs comprennent ce chaînage d’actions et de responsabilités et apprécient ces approches systémiques ». La Cour des comptes déplore d’autre part l' »absence de traçabilité » des versements effectués par le WWF France au profit du réseau international, qui représentent « environ 16% des ressources collectées auprès du public. Le rapport estime toutefois que les dépenses engagées au cours des exercices 2011-2012 à 2015-2016 sont globalement conformes aux objectifs poursuivis par l’appel public à la générosité ».

Lire le rapport