Budget : le sport nuit gravement à la biodiversité !

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Hold-up nocturne à l’Assemblée nationale : lundi à 23 h, à l’occasion de la discussion du « collectif budgétaire » 2017, un amendement gouvernemental inopiné a retiré 27 millions d’euros au budget de l’Agence française pour la biodiversité (AFB) pour les affecter au Centre national pour le développement du sport (CNDS).

Quel métier ! A peine nommé secrétaire d’Etat, Olivier Dussopt a déposé à l’Assemblée nationale un amendement au Projet de loi de finances rectificative pour 2017visant à « augmenter le niveau des ressources allouées au Centre national pour le développement du sport – CNDS – afin d’assurer la couverture de ses restes à payer en 2018 ». Et, « afin de ne pas dégrader davantage le déficit de l’État », le même amendement prévoit « un prélèvement sur les ressources accumulées de l’Agence française pour la biodiversité – AFB – à hauteur du même montant. L’AFB, créée cette année, a accumulé 97 millions d’euros de trésorerie en raison d’un décalage entre ses dépenses et ses recettes pendant sa première année ». Ce prélèvement, a précisé le nouveau ministre, « ne porte donc pas atteinte aux capacités de l’AFB à assurer ses missions ». Les protestations du député UDI Charles de Courson, qui a fait valoir que « le débat sur le CNDS est le même depuis vingt-cinq ans que je fréquente cette assemblée. Les crédits du CNDS sont systématiquement dépensés pour réaliser les investissements nationaux destinés à accueillir les grandes manifestations sportives, et cela à chaque fois au détriment des petits clubs. Et chaque fois, nous hurlons et le Gouvernement réalise un petit prélèvement supplémentaire de façon à ne pas trop affecter les aides aux clubs sportifs. C’est comme ça depuis vingt-cinq ans ! » n’ont pas entamé la détermination du gouvernement. Celles d’Eric Coquerel, député France insoumise non plus : « Je suis vraiment très étonné, a-t-il déclaré, qu’on arrive à écrire dans l’exposé sommaire « Cet amendement ne porte donc nullement atteinte aux capacités de l’Agence à assurer ses missions de service public, mais permet de la faire contribuer au redressement des comptes publics ». En effet, l’agence a été créée il y a quelques mois seulement, par le regroupement de plusieurs opérateurs. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il faudra du temps pour vérifier son fonctionnement et évaluer les ressources dont elle a besoin pour exercer ses missions, dont plusieurs sont nouvelles ! Je trouve stupéfiant qu’on assène, à vingt-trois heures, sans aucune humilité, une vérité de ce genre. Cette disposition pourrait affecter gravement non pas la trésorerie, je récuse ce terme, mais le fonds de roulement de l’Agence, lequel permet de réaliser des investissements. Et ces fonds de roulement sont spécifiques, puisque ce sont ceux de la fin d’une législature : chacun sait qu’ils peuvent évoluer en fonction de ce qui sera voté par la suite ». Il s’agît d’un « arbitrage budgétaire, pur et assumé », a assené le secrétaire d’Etat pour clore la discussion. Avec le soutien de la Commission des finances, l’amendement a été adopté…