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La transition écologique, affichée comme une 
priorité du gouvernement, bénéficiera d’un budget en hausse de 3,9% en 2018, 
mais cette augmentation sera très inégalement répartie parmi les mesures 
phares défendues par Nicolas Hulot sur la rénovation énergétique ou le parc 
automobile.

Le crédit d’impôt transition énergétique (CITE) sera « recentré » en 2018 sur 
certains types de travaux de rénovation (isolation des combles, etc.) et 
élargi par exemple aux frais d’audits énergétiques. Les changements des 
portes, fenêtres et volets isolants engagés dès ce mercredi ne bénéficieront 
plus que d’un crédit de 15% contre 30% pour les autres travaux. Et à partir du 
28 mars 2018, ils seront exclus du CITE.
  Le gouvernement évoque un coût trop important par rapport aux gains 
énergétiques observés, mais la mesure va aussi considérablement baisser les 
dépenses liées à ce dispositif, évaluées à 875 millions d’euros l’an prochain, 
contre près de 1,7 milliard d’euros cette année.
  Les industriels de la +filière fenêtre+ se disent « vent debout » contre 
cette mesure et défendent l’efficacité de ces travaux, qui contribuent à 
l’activité de 51.000 PME et artisans.

5,4 milliards d’euros seront mobilisés pour le soutien à l’électricité renouvelable, contre 5,6 milliards d’euros l’an 
dernier, une contraction qui s’explique par la baisse du coût de ces énergies 
et des prix de l’électricité sur le marché, selon le ministère. Le 
gouvernement remboursera 1,6 milliard d’euros à EDF, soit une partie des fonds 
avancés par EDF dans le soutien à l’électricité verte. 
  Le fonds chaleur (financement de la chaleur renouvelable, par exemple issue 
du bois) sera simplement stabilisé à 200 millions d’euros, alors qu’Emmanuel 
Macron s’est engagé à le doubler durant le quinquennat.
  Le gouvernement prévoit un « coup de pouce » pour le remplacement d’une 
chaudière au fioul par une chaudière utilisant les énergies renouvelables. 
Financée via le mécanisme des Certificats d’économie d’énergie, répercuté in 
fine sur la facture d’énergie des consommateurs, cette mesure pourrait 
représenter 60 millions d’euros par an.

Le chèque énergie, d’un montant moyen de 150 euros, doit remplacer les tarifs 
sociaux et sera versé à 4 millions de ménages précaires pour les aider à payer 
leur facture d’énergie. Cette mesure coûtera 600 millions d’euros à l’Etat.

L’évolution du bonus/malus et le renforcement de la prime de conversion des 
vieux véhicules polluants doivent permettre de sortir 100.000 véhicules 
polluants du parc automobile dès l’an prochain. De 1.000 euros pour tous les 
ménages, le montant de la prime est doublé à 2.000 euros pour les ménages non 
imposables. Elle sera aussi élargie aux véhicules essence les plus anciens. Ce 
dispositif va mobiliser 388 millions d’euros, contre 347 millions d’euros en 
2017.

Les agences de l’eau, chargées de la gestion et de la préservation de cette 
ressource, voient leurs responsabilités élargies au financement de l’Agence 
française pour la biodiversité à hauteur de 195 millions d’euros, des parcs 
nationaux (65 millions) et de l’Office national de la chasse et de la faune 
sauvage (37 millions).
  Selon le ministère de l’Environnement, cette mesure représente une économie 
de 136,2 millions d’euros pour le budget de l’Etat.
  L’organisation professionnelle Canalisateurs de France, qui fédère les 
entreprises de pose et de réhabilitation des réseaux d’eau et 
d’assainissement, s’est alarmée de cette « ponction d’une ampleur sans 
précédent ». Elle redoute de « lourdes conséquences écologiques, sociales et 
économiques ».

Trois millions d’euros sont consacrés à la santé environnementale (qualité 
de l’air, perturbateurs endocriniens…) et au développement de l’économie 
circulaire. Une somme qui permettra notamment de financer en 2018 une campagne 
de sensibilisation au risque d’exposition aux substances dangereuses, comme 
les pesticides et les perturbateurs endocriniens.
  Des recherches sur les perturbateurs endocriniens doivent également être 
financées.
  Pour mieux surveiller le marché automobile, après le scandale des moteurs 
truqués pour minimiser la pollution affichée, un service doté d’un budget 
annuel de 5 millions d’euros va être créé. Il réalisera des tests sur des 
véhicules et des pièces détachées, de manière aléatoire.
  Par ailleurs, un fonds « air-mobilité » de 20 millions d’euros sera créé en 
2018 au sein de l’Ademe, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de 
l’énergie.