Biodiversité dans les parcs publics : la Ville de Paris veut conserver les bénéfices du confinement (3 mn)

Photo d'illustration © Giulia Ghiotto de Pixabay

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Avec le confinement, la biodiversité a pris ses aises dans les parcs, jardins et cimetières de Paris. Plusieurs mesures vont être mises en place pour protéger les espaces où elle s’est particulièrement développée depuis le mois de mars.

 Saviez-vous que le parc Montsouris, dans le sud de Paris, comporte actuellement environ 1 300 arbres, qui y ont été plantés au cours des 150 dernières années ? Ils correspondent à plus de 140 espèces, rattachées à 37 familles végétales différentes. Ces espèces ont des origines géographiques diverses, avec principalement des espèces à distribution asiatique (36 %), nord-américaine (28 %) et méditerranéenne (20 %). Il n’y a en effet qu’une quinzaine d’espèces (soit environ 11 %) qui correspondent à des essences indigènes en Ile-de-France, dont la flore ligneuse naturelle est peu diversifiée. La diversité des habitats y permet la présence et la reproduction d’une trentaine d’espèces d’oiseaux indigènes franciliennes. Parmi les espèces les plus remarquables pour Paris, citons l’épervier d’Europe, le pigeon colombin et le pic vert. S’y ajoute quelques espèces d’oiseaux exotiques introduits, comme des canards et des cygnes, ainsi que la perruche à collier qui a colonisé spontanément le parc à partir de 2008 et s’y reproduit maintenant régulièrement. [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »1,2,3,4,5″ ihc_mb_template= »1″ ]

C’est ce que l’on découvre au fil d’une déambulation dans le parc Montsouris publiée sur le site The Conversation par Serge Muler, professeur au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN).

La fermeture, pour cause de confinement, du parc Montsouris comme des autres parcs parisiens a conduit la Ville de Paris à constater que comme en pleine nature, la biodiversité a profité de cette fermeture pour prendre ses aises. Elle a donc décidé de prendre une série de mesures pour préserver cette biodiversité redécouverte.

Lieux de nidification, développement de la flore locale précieuse pour les pollinisateurs, et micro-habitats naturels pour les insectes et les oiseaux… Un diagnostic pour mesurer l’impact du confinement sur la faune et la flore dans les parcs, jardins et cimetières parisiens a permis d’identifier les espaces où la biodiversité s’est développée depuis le mois de mars et le début du printemps.

Des pelouses seront préservées en prairies estivales et automnales grâce à une tonte tardive. Cette méthode sera pérennisée à plus long terme, tout comme les lisières autour des boisements et massifs arbustifs permanents, afin de permettre aux insectes pollinisateurs de trouver pollen et nectar en quantité. Les oiseaux en profiteront également. Dans ce même objectif, les sous-bois pousseront librement, feuilles et branchages tombés au sol, espaces notamment propices aux vers de terre, étant laissés tel quel. Certaines pelouses continueront d’être tondues afin de mieux résister au piétinement et de faciliter leur régénération. Les plantes grimpantes seront maintenues, notamment le lierre en couvre-sol pour offrir gîtes et lieux de nidification. La taille des arbustes se fera après floraison au profit des insectes pollinisateurs et la tonte au pied des arbres sera plus tardive, afin que ces herbes servent de refuge à de nombreux oiseaux et insectes. Enfin, les plantes sauvages auront toute leur place dans les interstices des éléments bâtis, sur les murs, les clôtures, les allées des parcs et jardins.

Une attention particulière sera aussi portée à la végétalisation des zones humides créées dans les parcs et jardins parisiens : les mares, noues et lacs sont en effet les lieux d’une biodiversité spécifique précieuse.

Enfin, des panneaux pédagogiques seront installés devant ces espaces pour permettre aux Parisiennes et aux Parisiens de s’informer sur les espèces ainsi protégées. Ainsi, quand les parcs rouvriront, les promeneurs pourront découvrir toute une biodiversité bien réelle mais dont ils ne soupçonnaient pas la présence.

Lire l’article de Serge Muller

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