La Stratégie pour la biodiversité 2030 est annoncée (3 mn 30)

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Les nouveaux objectifs pour la conservation de la biodiversité sont dévoilés dans la Stratégie pour la biodiversité 2030, présenté à la Commission européenne. Parmi eux : 30% des terres et 30% des mers de l’UE protégés ; une restauration des écosystèmes européens et une responsabilité accrue des mondes de la finance et de l’entreprise.

A l’heure où sont publiées ces lignes, la présentation de la Stratégie pour la biodiversité à l’horizon 2030, plusieurs fois reportée ces derniers mois par l’exécutif européen, est en cours au sein de la Commission Européenne. Actualité, Nature & Société a pu se procurer la version qui devrait, à peu de choses près, être adoptée par la Commission. Intitulé « Faire revenir la nature dans nos vies« , le document entend proposer « une approche plus globale de la stratégie en matière de biodiversité. » L’objectif premier est la construction d’un « réseau véritablement cohérent » d’aires protégées trans-européennes: « une plus grande surface – au moins 30 % de la terre et 30 % de la mer – devra être protégée dans l’UE » – aujourd’hui, 26% de la surface terrestre de l’UE, et seulement 11% de ses mers, sont protégées. Les zones à très forte valeur de biodiversité – au moins 10% de la surface terrestre de l’UE et 10% de ses mers – devront être dotées d’une protection très stricte, avec une attention particulière pour « les dernières forêts primaires et anciennes de l’UE » et les « autres écosystèmes riches en carbone tels que les tourbières, les prairies, les zones humides et les écosystèmes marins« . [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »1,2,3,4,5″ ihc_mb_template= »1″ ]

Le document établit ensuite un plan ambitieux de restauration des écosystèmes européens, en mentionnant beaucoup les « solutions fondées sur la nature« . Parmi les objectifs à atteindre :

  • Les habitats et les espèces relevant des directives « Habitats » et « Oiseaux » ne devront connaître aucune détérioration de leur état de conservation. Au moins 30 % de celles dont l’état de conservation n’est pas favorable atteindront le statut d’état de conservation favorable.
  • Le déclin des pollinisateurs est inversé.
  • L’utilisation des pesticides chimiques est réduite de 50 % et l’utilisation de pesticides à haut risque est également réduite de 50%.
  • Au moins 10 % de la surface agricole utilisée se trouvera dans des paysages à forte diversité, comme les bandes tampons, les jachères avec ou sans rotation, ou des éléments paysagers (haies, arbres non productifs, murs de terrasse, étangs, etc.)
  • L’adoption de pratiques agro-écologiques sera considérablement accrue et au moins 25 % des terres agricoles seront gérées selon les principes de l’agriculture biologique.
  • Trois milliards de nouveaux arbres seront plantés dans l’UE.
  • Au moins 25 000 km de rivières seront restaurés.
  • L’introduction d’espèces exotiques envahissantes sera considérablement limitée et le nombre d’espèces de la liste rouge de l’Union International pour la Conservation de la Nature (UICN) menacées par des espèces exotiques envahissantes sera réduit de 50%.
  • Les impacts négatifs sur les espèces et les habitats sensibles des activités de pêche et d’extraction minière seront réduits pour que soit atteint le « bon état écologique » tel que défini dans la directive-cadre « Stratégie pour le milieu marin« .

Pour s’assurer de la bonne implantation et de l’application de ces engagements, la Commission Européenne devra mettre en place un nouveau « cadre de gouvernance de la biodiversité », pour dresser la carte des obligations et engagements, et pour établir une feuille de route pour leur mise en œuvre.

« Toutes les parties de l’économie et de la société devront jouer leur rôle« , avertit le document. Cela inclut particulièrement le monde des affaires et des entreprises, qui devraient être encouragées à investir dans la nature. « Il peut s’agir de mesures à petite échelle, comme la plantation d’arbres dans la communauté locale, ou de mesures plus importantes, comme le financement ou la fourniture de main-d’œuvre pour des projets plus vastes. » De façon générale, « le principe de ‘non nuisance’ devrait être appliqué dans tous les secteurs, et les facteurs directs et indirects de la perte de biodiversité devraient être traités plus efficacement dans les politiques extérieures de l’UE. »

Concernant le commerce illégal de la faune sauvage, la Commission européenne proposera un nouveau durcissement des règles du commerce de l’ivoire au sein de l’UE en 2020. D’ici 2021, elle révisera et intensifiera le plan d’action contre le trafic d’espèces sauvages afin. « Pour répondre aux besoins de cette stratégie, y compris les priorités d’investissement pour Natura 2000 et les infrastructures vertes […], au moins 20 milliards d’euros par an devraient être débloqués », indique le document.

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