🔻 La France va planter 50 millions d’arbres

Photo d'illustration © anthark de Pixabay

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Le plan de « repeuplement » des forêts françaises portera sur « 50 millions d’arbres » afin de lutter contre les effets du réchauffement climatique, indique le ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Forêts Julien Denormandie, qui souhaiterait associer l’Education nationale au projet.

Trouver des essences d’arbres adaptées au climat changeant, et suffisamment de graines et de plants disponibles, va être un « énorme défi« , notamment pour les pépinières, a déclaré le ministre sur la chaîne spécialisée « Cultivonsnous.tv ». « Prenez des futaies de frênes aujourd’hui, les frênes ont besoin d’humidité certaine, et il y a plein d’endroits où on se dit que si on replante des frênes, dans 30 ou 40 ans ils n’arriveront pas à résister » a indiqué M. Denormandie, en rappelant que le budget consacré à l’opération porte sur « près de 200 millions d’euros« .

Pour sensibiliser dès le plus jeune âge aux enjeux climatiques, le ministre espère pouvoir associer les écoles et l’éducation nationale au projet, comme le font déjà certaines associations locales sur des programmes de replantation de haies pour préserver la biodiversité. « Permettre aux élèves d’avoir des moments où ils vont participer à ces politiques de repeuplement, de reboisement, ce serait une chance extraordinaire de pouvoir les associer (…) et de créer du lien sur les territoires (…) j’en ai parlé au ministre de l’Education » a dit M. Denormandie. Tout en soulignant qu’il ne « faut pas juger » certaines critiques actuelles « et extraordinairement sincères » s’opposant à l’exploitation des forêts au nom de la défense de l’environnement, le ministre a estimé « qu’une forêt, ça se protège, tout comme le sol, et ça se cultive, tout comme le sol ».

« L’un n’est pas en opposition avec l’autre. Quand vous êtes dans une parcelle avec des résineux et que vous coupez certains résineux pour laisser les autres se développer, ce n’est pas une offense à l’environnement ou à la nature, c’est permettre de gérer le massif en termes de protection, et de le cultiver » a-t-il dit. « Le volet de repeuplement des forêts est je pense le plus grand depuis l’après-guerre« , a ajouté le ministre. Il répond notamment aux dégâts causés par les scolytes, des coléoptères qui creusent des trous dans les arbres fragilisés par la sécheresse.

Dans son entretien d’une heure quarante avec le réalisateur de cinéma Edouard Bergeon, très engagé sur l’agriculture, l’alimentation et les défis de la transition, M. Denormandie souligne le besoin de « souveraineté alimentaire » de la France, aussi bien via l’exportation et le plan protéines et légumineuses récemment annoncé que le soutien à la filière betterave à sucre, ou encore le développement de circuits courts et de projets territoriaux pour des produits frais et locaux.

Pour guider les acteurs de la gestion forestière -décideurs, experts, propriétaires, gestionnaires de terrain, techniciens chargés d’animation et de développement, services de l’État et de collectivités- le réseau mixte technologique d’adaptation des forêts au changement climatique et le Centre national de la propriété forestière ont récemment publié un guide de gestion de crises forestières.

L’ouvrage décrit comment ont été gérées 12 crises sanitaires, 6 phénomènes passés et 6 crises récentes, parfois encore en cours, en France et en Europe. Il se présente sous forme de fiches techniques, écrites avec les acteurs opérationnels qui vivent ou ont vécu ces évènements. Pour les crises passées, les retours d’expérience et l’analyse critique de ce qui a été bien ou moins réussi sont objectivés, en s’appuyant sur un cadre générique d’analyse de risque. Le guide met à disposition des acteurs forestiers des repères méthodologiques, pour leur permettre de s’organiser pour affronter collectivement les évènements d’une crise sanitaire sur les plans organisationnels et techniques. Ces repères sont :

  • Disposer au préalable d’une surveillance sanitaire des forêts, assurée aujourd’hui en France par le Département Santé des Forêts rattaché au Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation.
  • Établir des partenariats, ne pas travailler seul.
  • Disposer de critères d’aide à la décision d’entrée en crise sanitaire.
  • Assurer le suivi objectif des phénomènes observés.
  • S’appuyer sur la constitution d’une cellule de crise pour communiquer de manière structurée tout au long de sa durée, en marquant les étapes clés, jusqu’à l’annonce de la sortie de crise sanitaire.

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