Guyane : la Montagne d’or refait surface (1 mn 30)

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Les services de l’Etat ont accordé un avis favorable au prolongement pour 25 ans des concessions de la mine, alimentant la suspicion d’un double discours gouvernemental.

En théorie, les choses sont claires : le président de la République, puis le gouvernement, ont hautement affirmé que le gigantesque projet de mine d’or dénommé « Montagne d’or », en Guyane française, ne présente pas les qualités environnementales requises, et qu’il ne se ferait donc pas. Par ailleurs, les concessions minières accordées aux exploitants sont arrivées à échéance et, faute d’avoir été renouvelées eu janvier dernier, sont désormais caduques. Sauf que les porteurs du projet ne baissent pas les bras : ils ont déposé un dossier en vue de reconduire ces concessions pour 25 ans. [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »1,2,3,4,5″ ihc_mb_template= »1″ ]

C’est leur droit, et c’est le droit de l’Etat de leur opposer un refus. Sauf que non : la Direction régionale de l’environnement (DREAL), qui a instruit ces demandes en vue de la réunion de la Commission des mines convoquée le 16 octobre, à rendu un avis favorable au renouvellement des concessions. Devant le tollé provoqué par cette position, le préfet de Guyane a prudemment battu en retraite et retiré le sujet de l’ordre du jour : « Il sera représenté à l’occasion d’une prochaine commission, après une expertise juridique complémentaire », précise le préfet sur Twitter.

Duplicité gouvernementale, ou péripétie juridique ? Les services du ministère de l’écologie expliquent qu’en l’état actuel du droit, il ne leur est pas possible de refuser une concession pour des motifs environnementaux, seule l’évaluation économique et sociale étant admise par le Code minier. L’Etat s’exposerait à devoir indemniser les postulants s’il rejetait le dossier sur une base environnementale. D’où la mise en chantier, parallèlement, d’une réforme en profondeur du Code minier.

Cet argumentation est loin de convaincre les opposants, qui redoutent que, nanti des autorisations de concession, les promoteurs de la mine puissent à tout moment pendant 25 ans faire ressortir le projet à la faveur d’un contexte politique plus favorable. « Le manège des beaux discours est terminé »,écrit dans un communiqué le collectif Or de question,qui réclame que les actes du gouvernement soient mis en conformité avec ses annonces.

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