Aires marines : classer plus pour protéger moins ? (2 mn)

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Le Colloque des aires marines protégées, qui vient de se tenir à Biarritz, a travaillé à définir une nouvelle stratégie nationale. Aujourd’hui, 23 % des espaces maritimes français bénéficient d’un statut de classement. Problème : ces statuts ne protègent parfois pas grand chose…

Avec ses 23 % d’aires marines bénéficiant d’un classement, la France se situe assez loin derrière les Etats-Unis (42 %), le Royaume-Uni (41 %), l’Australie (36 %) ou la Nouvelle-Zélande (26 %). Mais seul 1 % des ces 23 % (soit 0,23 % de la zone économique exclusive française) bénéficie d’une protection forte. Dans la réserve naturelle des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), qui couvre plus de 1,5 million de km2,  la pêche n’est interdite que dans 120 000 km2. Dans le parc naturel marin de la mer de Corail, en Nouvelle-Calédonie, la pêche, l’extraction de minerai ou la navigation des gros bâtiments de croisière restent autorisés. [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »1,2,3,4,5″ ihc_mb_template= »1″ ]

Or une étude récemment publiée par la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) montre (on s’en serait douté…) que l’efficacité des mesures de classement dépend directement de la rigueur de la réglementation appliquée. Les zones modérément et hautement protégées abritent une abondance et une biomasse d’espèces de poissons ciblées plus importantes que dans les zones non protégées, alors qu’aucun bénéfice écologique n’a été détecté dans les zones faiblement protégées. Les aires hautement et modérément protégées autorisent certaines utilisations extractives qui ont des impacts faibles ou modérés sur les écosystèmes. Tandis que les zones faiblement protégées autorisent davantage de types d’engins de pêche ou des activités ayant des impacts négatifs plus importants.

La combinaison d’une zone intégralement protégée avec des zones modérément protégées confère des avantages. Si, dans la nouvelle stratégie, la classe « protection modérée » devait demeurer un choix courant de conception des AMP, il serait important d’envisager de placer ces zones à proximité de zones intégralement protégées pouvant alors leur permettre de soutenir des avantages écologiques.

La mise en œuvre des aires protégées, conclut l’étude, nécessite l’intégration des objectifs de conservation d’une part et des objectifs socio-économiques et politiques d’autre part. La conception des AMP doit également être guidée par des objectifs de gestion particuliers. La nouvelle stratégie devra s’inscrire dans le cadre de la feuille de route indiquée par le président de la République : 30 % des eaux et du territoire national protégés d’ici à 2022, dont « un tiers en pleine naturalité ».

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