A la reconquête des poissons migrateurs de la Seine (1 min 30)

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Le nouveau projet CONSACRE, coordonné par l’Irstea, a pour objectif de proposer des pistes d’actions pour la reconquête durable des populations de poissons migrateurs dans la Seine et ses affluents.

Depuis plus de deux siècles, la Seine et ses principaux affluents ont connu de grands travaux d’aménagements (barrages, travaux d’endiguement, suppression des îles, assèchement des marais…) et une pollution croissante qui ont progressivement détérioré l’habitat des populations de poissons migrateurs et empêché leur accès aux zones de reproduction. Certaines espèces, comme la lamproie marine et le saumon Atlantique, ont totalement disparu de l’axe Seine, avant d’effectuer un timide retour dans les années 1990, consécutivement à l’équipement des structures en passes à poissons et à l’amélioration de la qualité de l’eau.

Le projet CONSACRE, coordonné par l’équipe hydro-écologie du centre Irstea (Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture) d’Antony, réunit écologues, hydrologues, historiens, géographes et autres partenaires autour des enjeux de la restauration des continuités écologiques de l’axe Seine. Il a pour objectif d’analyser sa continuité piscicole afin de dégager des pistes d’actions, notamment les possibilités d’aménagement pour la préservation et la restauration des milieux naturels. « Un des axes du projet est l’analyse de l’accessibilité aux habitats aquatiques en tenant compte à la fois des obstacles physiques (barrages, seuils, digues…) et des indicateurs physico-chimiques du milieu (oxygène, température…) ainsi que la réalisation d’une cartographie de certains habitats disponibles pour les besoins fonctionnels des poissons migrateurs et résidents (alimentation et reproduction) » précise Céline Le Pichon, coordinatrice du projet à l’Irstea. Une centaine de poissons de différentes espèces seront ainsi capturés au niveau du barrage de Poses et équipés d’émetteurs acoustiques miniatures. A l’aide d’un réseau de 70 hydrophones déployés dans l’axe Seine, leurs mouvements et trajectoires temporelles pourront être enregistrés et fourniront des données sur leur comportement vis-à-vis des barrages, et leur entrée éventuelle dans les affluents. « Cela nous permettra de mieux comprendre les stratégies de colonisation des milieux adoptées par les espèces pour réaliser leur cycle de vie » souligne Céline le Pichon.

Les populations concernées dans l’élaboration des actions de restauration de la continuité écologique de la Seine seront impliquées dans le processus via des plaquettes d’information, des vidéos, des réunions publiques, etc. « Des enquêtes auprès des usagers seront menées en parallèle sur plusieurs sites pour appréhender le rapport des populations concernées avec la rivière et leur compréhension du fonctionnement de l’écosystème Seine et/ou affluents », explique l’Irstea dans un communiqué.