Vous avez aimé Sivens ? Vous adorerez Caussade ! (1 mn 30)

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Au cœur de l’été, la préfète du Lot-et-Garonne a donné son feu vert à la construction d’un nouveau barrage d’irrigation en travers d’une rivière sur le bassin versant du Tolzac, affluent de la Garonne. Un projet qui présente de grandes similitudes avec celui de Sivens (Tarn). Le tribunal administratif de Bordeaux est saisi.

Destruction de plusieurs dizaines d’espèces protégées, destruction de zones humides et d’un des derniers ruisseaux du secteur ayant conservé un état écologique remarquable… Les caractéristiques du projet ressemblent étrangement à celles de Sivens. En outre ce barrage serait implanté sur un bassin versant où 728 plans d’eau existent déjà et perturbent le cycle naturel de l’eau, avec un risque – évident mais non étudié – de cumul d’impacts environnementaux et de concurrence entre usagers pour remplir leurs stockages. Devant ce constat, le Conseil national de protection de la nature (CNPN) a rendu le 28 janvier dernier, à l’unanimité des 16 membres saisis de ce dossier, un avis défavorable. « D’une manière générale, écrit le CNPN dans son rapport, les mesures  [de compensation ] proposées sont insuffisantes et quand elles existent, correspondent davantage à des intentions du fait qu’il manque des descriptions de leur gestion à long terme, les suivis qui les accompagnent… autant de gages de succès de ces opérations.

Le dossier en l’état ne correspond pas aux conditions d’octroi d’une dérogation pour destruction d’espèces protégées:

  • il ne montre pas en quoi il présente une raison impérative d’intérêt public majeur vis-à-vis des impacts qu’il occasionne sur la flore et la faune,
  • les impacts sur les habitats naturels et les espèces protégés sont jugés importants,
  • il ne garantit pas que la dérogation ne nuise pas au maintien dans un état de conservation favorable des populations des espèces concernées dans leur aire de répartition naturelle ».

Passant outre cet avis, la préfecture a autorisé le démarrage des travaux dès cet automne. France Nature Environnement (FNE) et la SEPANSO (Société pour l’étude, la protection et  l’aménagement de la nature dans le Sud-ouest) ont introduit contre cet arrêté de la préfète un recours au fond, assorti en référé d’une demande de suspension.