Plan loup : le « oui, mais… » du CNPN

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Par 13 voix contre 9, le Conseil national de la protection de la nature a validé le Plan national d’action « loup »… en assortissant son avis de lourdes réserves.

« Avoir dans un Plan national d’action pour seul objectif d’atteindre une population minimale viable marque pour le moins un manque d’ambition. Cet objectif de freinage ne se justifie que par rapport à la volonté d’apaiser les conflits avec le pastoralisme en occultant, comme d’ailleurs dans tout le reste du plan, la possibilité de voir le loup s’installer dans les grands massifs forestiers où sa présence ne poserait pas de problème », écrivent les membres du Conseil. Cette approche instaure un « nouveau paradigme, auquel le CNPN a des difficultés à adhérer ».

Le conseil déplore par ailleurs que le plan national d’action ait fait fi des recommandations contenues dans son avis du 31 mai 2017, notamment en omettant de se placer dans une perspective écosystémique qui aurait intégré les habitats, les herbivores sauvages et domestiques avec le loup. S’il salue des avancées en matière de protection des troupeaux et de conditionnalité de l’indemnisation des pertes à la mise en place des moyens de protection, il déplore toutefois que ne soit pas prévu de contrôles systématiques sur le terrain.

Sur le nombre de « prélèvements » de loups autorisés chaque année, le CNPN note que 12 % de la population a été abattue en 2017, soit plus que la recommandation de l’expertise scientifique conduite par l’ONCFS et le MNHN. Il en conclut que ce dépassement aurait dû être « rattrapé » en 2018 par un plafond abaissé, alors que le Plan autorise 40 tirs sur une population connue de 360 individus. Le Conseil déplore en outre que les tirs d’effarouchement ne constituent pas un préalable obligatoire au tirs de défense.

A l’issue de cet avis qui résonne comme un réquisitoire implacable contre le plan national d’action, le CNPN valide néanmoins ce plan par 13 voix contre 9.