Sciences participatives : des micro-algues découvertes grâce à des lycéens (1 MN 30)

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Traversant l’Atlantique dans le sillage de L’Hermione, des élèves de Lycée ont mené une mission scientifique de prélèvement de micro-algues, en partenariat avec l’Ifremer.

Le projet de sciences participatives « Hermiona » a permis à plus de 30 élèves du Lycée maritime et aquacole de La Rochelle de traverser l’Atlantique Nord sur le K.VIII, un voilier de 23 mètres, ancien vainqueur de la route du rhum. Effectuée en partenariat avec le laboratoire Ifremer de Concarneau, l’expédition avait pour objectif de récolter des échantillons de micro-algues, la partie végétale du plancton. L’ifremer devait ensuite les analyser afin notamment de les comparer avec d’autres spécimens trouvés en 2014 et 2015 en baie de Concarneau, alors que réputés inféodés aux eaux tempérées chaudes à tropicales. « Armés d’un filet aux mailles microscopiques (20 micromètres) et d’une sonde multi-paramètres (salinité, température et pH), les élèves ont réalisé plus de 20 points de prélèvements au long de cette traversée, afin de récolter des échantillons de micro-algues, soigneusement fixés ensuite dans une solution iodé, » décrit l’Ifremer dans un communiqué. Ces échantillons ont ensuite fait l’objet d’analyses génétiques : « les résultats scientifiques obtenus grâce aux lycéens répondent largement à nos attentes, se réjouit Claude Le Bec, biologiste marin et responsable du laboratoire Ifremer de Concarneau. Nous avons même trouvé quatre espèces encore inconnues. » Parmi elles se trouve Alexandrium garderea, de la même famille que celles produisant des toxines aux effets paralysants qui prolifèrent parfois sur les côtes françaises. Enfin, l’expédition a permis aux chercheurs de mieux comprendre l’anomalie observée en 2014 et 2015 en baie de Concarneau : la présence de micro-algues normalement inféodées eaux chaudes sub-tropicales a été également confirmé par les relevés des élèves tout au long de la radiale Atlantique. « Les scientifiques peuvent ainsi établir un lien entre des phénomènes de hausse de température observés depuis les années 2000 sur le littoral breton et la présence de ces micro-algues exotiques », conclut le communiqué.