Vanier, Ballesta : deux cinéastes dans la tourmente (3 mn)

Photo ©Fotolia-LianeM

1655
⏱ Lecture 3 mn.

Nicolas Vanier est une nouvelle fois au cœur d’une polémique après la perte de 500 œufs de flamants roses en Petite-Camargue lors d’un repérage. Laurent Ballesta a éteint les critiques sur son activité en Polynésie.

Début juin, un ULM utilisé pour le tournage du film Donne-moi des ailes avait survolé la seule colonie de flamants roses de France, installée dans les salins d’Aigues-Mortes, un lieu reculé, pour couver ses œufs, a rapporté l’association France Nature Environnement, à l’origine du dépôt d’une plainte contre X. Le survol à basse altitude avait créé une panique chez les oiseaux, et un nid sur dix avait été abandonné, en pleine période de couvaison. « Cinq cents couples sur les 4.500 que comprend la colonie ont abandonné définitivement leur œuf », ajoute-t-elle. Ironie de l’histoire, le film tourné par Nicolas Vanier « parle de la protection des oiseaux », selon le cinéaste, à travers l’histoire d’un scientifique passionné par les oies sauvages et de son fils. « La présence de cette espèce emblématique (…) exigeait les plus grandes précautions », a ajouté l’association, qui a porté plainte pour perturbation intentionnelle et destruction d’œuf d’espèce protégée. Interrogé par l’AFP, Nicolas Vanier a expliqué que le pilote de l’ULM travaillait pour un prestataire extérieur à sa société de production, et qu’il avait mis fin immédiatement à leur collaboration après l’incident. « Un plan de vol avait pourtant été remis à ce pilote indiquant précisément les zones à éviter, a-t-il regretté. Ils ont été jouer à faire s’envoler des oiseaux, j’ai été scandalisé », a poursuivi le cinéaste auteur du Dernier Trappeur et de Loup, qui estime ne pas pouvoir être « tenu pour responsable ». Pour tenter de « réparer ce qui peut l’être », M. Vanier a proposé aux acteurs locaux de parrainer une population de flamants roses, de permettre d’utiliser le film dans un cadre pédagogique et d’intégrer les associations à la présentation du film dans la région. Le cinéaste promet également de se faire « le porte-parole des problématiques dont souffrent les oiseaux migrateurs ». Le tournage, quant à lui, se poursuivra dans les semaines qui viennent en Norvège. Nicolas Vanier avait déjà été visé par une polémique en 2014, lorsque l’État avait ordonné l’évacuation de tous les chiens de son domaine dédié aux activités nature dans la Drôme, après une mise en demeure sur les conditions d’hygiène et de sécurité. L’explorateur vedette avait alors qualifié de « grotesques » les accusations faisant état d’un très mauvais état sanitaire de ses chiens. Il avait déjà mis en cause des partenaires pour se dédouaner (« Je n’ai jamais dirigé cette structure auquel j’ai apporté mon âme » sic. L’endroit s’appelait pourtant « Camp Nicolas Vanier), mais n’avait pu démentir le constat accablant dressé par la SPA de Besançon, qui a récupéré les chiens : « Ils sont 60, ils sont célèbres, ils ont bossé dur toute leur vie, ont été adulés, filmés et photographiés… Et pourtant, aujourd’hui on s’en débarrasse, ils sont à placer, comme tellement d’autres, et dans un état qui nous rappelle les chiens de SDF qui arrivent au refuge ! Cachectiques, mal entretenus, bourrés de vers et la fourrure plus que négligée, groenlandais, sibérian huskys, et autres croisement de laïkas étaient au « Camp Nicolas Vanier » dans le Vercors ; attractions pour touristes, après avoir tiré le traîneau chargé du fameux explorateur sur des milliers de kilomètres ». Une autre association qui avait recueilli les animaux après la fermeture administrative du camp, Eden Valley, parlait d’un « état cadavérique » des chiens.

De son côté, le biologiste et cinéaste Laurent Ballesta a été confronté à de lourdes accusations sur son action dans la passe de Fakarava, en Polynésie française. Accusé de ravager les récifs coralliens par la pose de plots en béton destinés à supporter des caméras sous-marines, Laurent Ballesta s’est longuement expliqué dans une vidéo postée sur FaceBook : non, les caméras n’ont pas été posées sur des coraux vivants, mais sur des éboulis de coraux morts ; oui, la DIREN avait délivré toutes les autorisations requises ; non, les courants électriques d’alimentation des caméras, de très faible intensité, ne sont pas de nature à perturber la faune ou la flore… Son principal accusateur, le plongeur Mathias Michel, a fini par dépublier le « post » accusateur qui avait enflammé les réseaux sociaux. Laurent Ballesta dit maintenant attendre des excuses.