Plan loup 2017-2018 : le CNPN dit non, Aspas et Ferus claquent la porte

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Les associations de défense du loup Aspas et Férus ont claqué la porte d’une réunion du Comité national sur l’animal, jeudi à Lyon, alors que le débat allait porter sur le prochain quota d’abattages.

« Il n’est pas question que nos deux associations restent autour de cette table pour discuter de la fixation du nombre de spécimens dont la destruction pourra être autorisée pour la période 2017-2018, ont-elles fait savoir dans un communiqué de presse. Nous sommes opposés aux destructions de loups et le seul nombre admissible à nos yeux est zéro spécimen », ont-elles ajouté en dénonçant une politique gouvernementale de « mort annoncée » qui « ne résoudra aucun problème ». Ce boycott intervient alors que le quota pour la saison en cours, jusqu’au 30 juin, vient d’être relevé à 40 loups, contre 38 jusqu’alors.

Outre les associations, des représentants de l’Etat et des éleveurs participaient à cette réunion organisée dans les locaux de la Direction régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt. A travers le collectif CAP Loup, l’Aspas et Férus avaient lancé le 13 juin, avec la Société française pour l’étude et la protection des mammifères, une campagne « Stop aux tirs des loups », soutenue par plusieurs personnalités comme Yann Arthus-Bertrand.

Lundi, ce collectif avait déjà dénoncé l’autorisation de l’abattage supplémentaire de deux loups par les ministères de la Transition écologique et de l’Agriculture.

« J’ai autorisé non pas des prélèvements, mais des tirs de défense renforcée. Il ne s’agit pas d’une décision d’abattage prise à la légère », s’est défendu le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot dans un entretien au quotidien régional Le Progrès paru jeudi.  « Je veux entendre toutes les parties prenantes avant de définir une stratégie pour les quatre prochaines années à partir du 1er janvier. Cette discussion ne pourra avoir lieu qu’après l’été », a-t-il ajouté.

Le projet d’arrêté, soumis à la consultation du public jusqu‘au 3 juillet, a fait l’objet d’un avis défavorable de la part du Conseil national de la protection de la nature (CNPN). « L’urgence consiste à prendre toutes les mesures appropriées pour réorienter l’activité agropastorale et adapter la conduite des troupeaux (réduction de la charge et de la taille des troupeaux) ; leur protection sera ainsi plus facile, les potentialités de conflits avec le loup plus restreintes et les effets sur la flore, la faune et les habitats redeviendront favorables », écrit le Conseil dans un avis sévère sur la politique d’abattage actuellement conduite.

Sur le site du ministère de l’écologie, plus de 5 000 personnes ont fait connaître leur opinion –majoritairement négative- quant à la politique d’abattage des loups.

Lire le projet d’arrêté