Dans un rapport, l’Agence Française pour la Biodiversité fait le point sur cinq années de mise en œuvre du plan national de gestion de l’anguille européenne en partenariat avec le Ministère de l’environnement.
L’anguille européenne, un poisson migrateur qui se reproduit dans l’océan Atlantique et réalise sa phase de croissance dans les eaux douces d’Europe et d’Afrique, a vu sa population s’effondrer à partir des années 80 à cause des activités humaines et est en danger critique d’extinction. En 2007, un règlement européen a fixé pour objectif de retrouver en mer au moins 40% de ce qui aurait été observé des effectifs d’anguilles s’ils n’avaient subi aucune pression humaine. Pour y répondre, la France a mis en place en 2010, et pour cinq ans, un plan national de gestion qui s’attaque aux menaces pesant sur l’espèce : circulation entravée par les aménagements hydrauliques, destruction de l’habitat, pollution des eaux douces, pêche et braconnage.
« La quasi-totalité des actions prévues par le plan de gestion de l’anguille de la France pour la période 2012-2015, a été mise en oeuvre ou est encore en cours pour les actions à caractère pluriannuel et sur un plus long terme », indique l’AFB dans son rapport. Ainsi, la mortalité par pêche a été réduite en 2015 de 60% pour les civelles et les anguilles adultes, grâce à l’instauration de quotas voire d’interdiction de prélèvement selon les espèces et les zones. Par ailleurs, des obligations déclaratives, des plans de contrôle anti-braconnage stricts et une traçabilité des produits de la pêche ont été mis en place pour assurer la pérennité des stocks.
Toutefois, le rapport indique que « la seule mesure de diminution de la pêche ne pouvant suffire pour atteindre cet objectif, des actions sur la qualité de l’eau et des milieux aquatiques demeurent indispensables pour garantir la recolonisation de son milieu naturel et assurer sa survie et sa croissance. » Ainsi l’objectif de réduction de 50% de la mortalité liée à des facteurs extérieurs à la pêche a été atteint grâce à la restauration des habitats de l’anguille et de la continuité écologique des cours d’eau. Depuis 2010, 4,32 milliards d’euros ont été affectés à « la suppression, l’arasement, l’équipement et/ou la définition de modalités de gestion sur plus d’un millier d’ouvrages » hydrauliques.
Enfin, un programme de repeuplement est opérationnel depuis 2013, qui consiste à capturer, marquer et déverser des civelles dans des milieux naturels en bon état écologique et pouvant assurer un taux de survie optimal. 13,6 tonnes de civelles ont été déversées depuis l’approbation du plan, soit 6,4 % des captures. « Toutefois, la reconstitution du stock d’anguilles nécessite une action sur le long terme du fait de la durée du cycle de vie de cette espèce, d’une quinzaine d’années en moyenne, conclut le rapport. Les effets de ces mesures ne seront donc pleinement observables qu’à long terme et pas avant 2020. »


