Rhinos : après Thoiry, les zoos européens s’organisent

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Plusieurs établissements vont raccourcir les cornes de leurs animaux. Bonne nouvelle : un nouveau-né au parc d’Amnéville !

Le jardin zoologique tchèque de Dvur-Kralove-nad-Labem (centre) a annoncé mardi qu’il allait prochainement raccourcir les cornes de ses rhinocéros, en réaction à la mort d’un animal au zoo français de Thoiry, abattu pour sa corne. « La raison en est la sécurité des rhinocéros, a déclaré à l’AFP Andrea Jirousova, la porte-parole de ce parc animalier qui héberge 21 rhinocéros, dont trois bébés qui ne subiront pas cette intervention. L’attaque (en France) nous a mis en état d’alerte. Le danger est vraiment intense », a-t-elle ajouté, sans vouloir préciser la date de l’opération qui sera effectuée avec une scie à chaîne, sous anesthésie.

Le zoo de Dvur-Kralove-nad-Labem se joint ainsi au parc de Pairi Daiza en Belgique, qui a pris la même décision ces jours derniers. Le Safari de Peaugres, en Ardèche, réfléchit à adopter la même mesure, a indiqué jeudi à l’AFP la directrice scientifique du parc animalier. « On y réfléchit, pour protéger à titre préventif nos six rhinocéros blancs, comme ceux de Thoiry, mais rien n’est décidé », a déclaré Cécile Dubois, confirmant une information du quotidien régional Le Dauphiné libéré.

Sur le front de la chasse aux trafiquants, la police du Vietnam a annoncé avoir saisi mardi plus de 100 kg de corne de rhinocéros introduits en contrebande dans des valises en provenance du Kenya, dernière prise en date dans ce pays d’Asie du

Sud-Est au centre d’un vaste trafic. Le Vietnam est un marché très actif pour la corne de rhino très recherchée dans la classe moyenne pour ses prétendues vertus médicinales. Le pays communiste sert aussi de plateforme de transit pour l’importation de produits illégaux à base d’animaux destinés à d’autres pays d’Asie. La saisie de mardi a eu lieu à l’aéroport Noi Bai de Hanoï dans des bagages d’un vol parti de Nairobi, selon le journal de la police de la capitale. « Après un scanner et une vérification, les douaniers ont découvert deux valises de 57 et 61 kg de corne de rhino », a ajouté l’organe en ligne, le Capital Security Newspaper. Selon des organisations de défense des animaux, la demande pour la corne de rhinocéros en Chine et Vietnam décime l’espèce en raison de son prix, un kg pouvant atteindre 60 000 dollars sur le marché local. La population de rhinocéros dans le monde ne compte plus que 29 000 unités alors qu’ils étaient un demi million au début du siècle dernier, selon l’International Rhino Foundation. Le commerce de la corne est interdit dans le monde depuis 1977. En 2014, le zoo tchèque de Dvur-Kralove-nad-Labem a incinéré en public quelque 53 kilos de cornes de rhinocéros provenant de stocks légaux et de contrebande, acte symbolique s’inscrivant dans le cadre des efforts pour sauvegarder l’espèce.

Il y a aussi, parfois, quelques bonnes nouvelles : un petit rhinocéros blanc, baptisé Timbo, est né au zoo d’Amnéville (Moselle), a indiqué mardi le parc, « particulièrement fier d’annoncer la naissance de son troisième bébé ». Le petit rhinocéros, qui pèse déjà 60 kilos, est venu au monde le 7 mars, après plus d’un an de gestation, précise le zoo dans un communiqué. « Adulte, il devrait atteindre le poids de son papa, c’est-à-dire un peu plus de deux tonnes ». Deux autres rhinocéros sont nés à Amnéville en décembre 2015 et en mai 2016. Timbo appartient à la sous-espèce des rhinocéros blanc du Sud, « extrêmement menacée, a précisé Hervé Santerre, directeur zoologique à Amnéville, à l’AFP. De 30 000 en 2012, il ne reste en habitat naturel que 20.000 rhinocéros de cette espèce aujourd’hui ».

En référence à la mort de Vince, le rhino abattu à Thoiry, le communiqué du zoo fait d’ailleurs allusion à ce « tragique exemple de la situation alarmante » des rhinocéros. A Amnéville le service de caméras de surveillance a été doublé.