Comment évaluer le capital naturel ?

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Pour déclencher les investissements de la transition écologique, les acteurs économiques doivent pouvoir compter sur des valeurs crédibles et partagées des actifs naturels

Faire entrer la nature dans le calcul de la richesse des nations est une condition nécessaire à une prospérité durable. Face aux craintes et réticences vis-à-vis de la démarche de « monétarisation » de la nature, un ensemble d’experts issus de plusieurs disciplines réunis par le ministère de l’écologie dans un ouvrage collectif « Nature et richesse des nations » invite à dépasser les controverses sur les conventions de mesure qui permettent de construire les incitations dont les agents économiques ont besoin pour investir dans la nature et sa conservation. La nature demeure insuffisamment prise en considération dans les choix économiques. Des pans entiers de cette richesse ne sont pas comptés et risquent ainsi d’être gaspillés de manière irréversible. Nul ne conteste que le PIB soit un indicateur imparfait et la nature, un ingrédient décisif de la croissance. La nécessité de l’action plaide pour une stabilisation rapide, même imparfaite, de conventions de mesure, à la fois comptables et biophysiques, du capital naturel. Les politiques publiques ont besoin d’intégrer les valeurs manquantes de ce capital. Les acteurs privés doivent pouvoir compter sur des valeurs crédibles du capital naturel pour déclencher les investissements de la transition écologique. Cette démarche est parfois perçue comme une menace, elle fait craindre que la nature ne devienne un bien marchand comme les autres ou une monnaie d’échange. Or, cette démarche résulte d’un dialogue à la fois scientifique, social et politique, en dehors des logiques du marché, sur ce qui doit être préservé et compté comme une richesse. Donner une valeur à la nature permet de lui redonner une « dignité » en plus de lui donner du poids dans les décisions économiques.

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