Les pollinisateurs « pèsent » 5 milliards d’euros dans l’économie française (et 14 milliards en Europe)

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Le ministère de l’écologie annonce un renforcement du plan « France, Terre de pollinisateurs »

Les pollinisateurs jouent un rôle crucial dans la production alimentaire, un nombre important de cultures dépendant d’une manière ou d’une autre de la pollinisation animale. Une évaluation réalisée dans le cadre de l’EFESE (évaluation française des écosystèmes et des services écosystémiques), et rendue publique par le Commissariat général au développement durable (CGDD) montre que la part de la production végétale destinée à l’alimentation humaine que l’on peut attribuer à l’action des insectes pollinisateurs représente en France une valeur comprise entre 2,3 et 5,3 milliards d’euros (2010). Ainsi, c’est entre 5,2% et 12% de la valeur totale des productions végétales françaises destinées à l’alimentation humaine qui dépendent des pollinisateurs. Ces valeurs montrent la nécessité de l’action politique en faveur de la protection des insectes pollinisateurs.

Le ministère de l’écologie a annoncé le 22 novembre de nouvelles actions pour renforcer le plan « France Terre de pollinisateurs » :

  1. renforcer l’ambition accordée aux communes « Terre saine », communes sans pesticides, en proposant un financement de 10 000 € pour financer des actions bénéfiques pour les pollinisateurs et la biodiversité, par exemple des ruchers, des hôtels à insectes, le semis de plantes qui leur sont favorables pour l’alimentation et la reproduction, etc. ;
  2. valoriser et encourager les communes qui s’engagent pour les abeilles et les pollinisateurs grâce au label APIcité®, soutenu par le Ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer ;
  3. accélérer le développement des pratiques agricoles favorables aux abeilles et aux pollinisateurs sauvages au niveau de nouvelles filières agricoles, après l’expérience réussie de « Lu Harmony ».
  4. développer un réseau national de « stations de mesure » pour surveiller l’amélioration de l’état de santé des populations d’abeilles et d’insectes pollinisateurs, dans les espaces naturels protégés, dans les territoires agricoles et dans les villes. Le ministère soutient notamment le programme « Abeille Sentinelle de l’Environnement » dans les Territoires à Energie Positive pour la Croissance Verte ;
  5. accélérer la recherche de solutions pour lutter efficacement contre le frelon asiatique grâce au soutien financier des travaux de recherche du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) et de l’Institut national de recherche agronomique (INRA) ;
  6. développer la formation des agriculteurs : test de mélanges de graines favorables aux pollinisateurs dans des lycées agricoles, soutien des initiatives des enseignants en faveur des sciences participatives (FlorAbeilles, SPIPOLL) ;
  7. optimiser la gestion des dépendances vertes routières : entretien de ressources florales d’origine locale de mars à octobre pour nourrir les insectes pollinisateurs, création des possibilités de nidification (maintien de surfaces de sol sec et bien exposé, de végétaux offrant des tiges creuses, etc.).

Lancé le 20 mai 2015 dans le cadre de la mise en œuvre de la loi « biodiversité », le premier plan national d’actions « France terre de pollinisateurs » mobilise les citoyens, les élus, associations, agriculteurs, industriels, scientifiques, établissements publics de l’État… pour l’objectif « Zéro perte d’espèce de pollinisateurs ».

Ségolène Royal et Barbara Pompili ont rappelé les mesures déjà prises pour supprimer les menaces principales pour les pollinisateurs :

  • l’interdiction de l’utilisation agricole de certains produits contenant des néonicotinoïdes à compter du 1er septembre 2018, avec une interdiction totale en 2020 ;
  • l’arrêt de toute nouvelle autorisation de mise sur le marché de produits à base d’imidaclopride (néonicotinoïdes) ;
  • le soutien à la recherche de solutions alternatives pour les agriculteurs, financées par le programme Ecophyto ;
  • la fin de l’utilisation des pesticides par les communes pour l’entretien des espaces verts, des forêts ou des promenades accessibles ou ouverts au public ;
  • la possibilité pour les préfets d’engager des opérations de destruction des nids de frelon asiatique y compris dans les propriétés privées, en application de la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages.

Lire l’étude de l’EFESE