La ministre, l’aéroport, et l‘outarde canepetière

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Barbara Pompili, secrétaire d’Etat chargée de la biodiversité, a visité les aménagements réalisés à Orly par Hop ! Biodiversité.

Pas facile, pour une secrétaire d’Etat issue d’Europe Ecologie Les Verts et opposée à la construction de Notre-Dame-des-Landes, d’aller saluer des réalisations favorables à la biodiversité en zone aéroportuaire ! Barbara Pompili s’est pliée à l’exercice le 7 septembre en visitant à Orly les réalisations portées par Hop ! Biodiversité. La ministre, dans son discours, n’a pas esquivé l’obstacle : « Placez « secrétaire d’Etat écologiste », « biodiversité » et « aéroport » dans la même phrase …et vous avez les ingrédients d’une bonne polémique et d’un procès d’intentions en trahison ! (…) Je ne suis pas venue vous dire que les aéroports sont, en soi, des « paradis » pour la biodiversité (…). Construire un aéroport sur des zones naturelles ou agricoles va avoir un impact négatif fort sur la biodiversité. Si certaines zones aéroportuaires peuvent accueillir de la biodiversité, l’existence d’infrastructures s’accompagne nécessairement d’une imperméabilisation des sols, pour les pistes, les bâtiments et les routes qui y conduisent, induit une fréquentation accrue, génère du bruit, une pollution de l’air voire des sols. C’est pourquoi, en tant qu’écologiste, je suis toujours favorable à l’optimisation des infrastructures existantes plutôt qu’à la construction de nouveaux aéroports. » Voilà qui est dit. On peut sereinement passer à la suite : « Les aéroports ne « sauveront » pas la biodiversité. Mais ils peuvent concourir à renforcer la présence de certaines espèces et de certains milieux, et c’est ce que vous avez brillamment démontré au cours de cette visite. »

La ministre s’est ensuite livrée à une mise au point sémantique : la contrainte de sécurité « amène le monde de l’aéronautique à employer une expression qui, du point de vue d’une secrétaire d’Etat à la biodiversité, n’est pas sans poser question : je veux parler du « Péril aviaire ». De manière générale, les oiseaux ne sont pas un « péril » mais une source de vie. Ils jouent un rôle essentiel dans le fonctionnement des écosystèmes ».

Mme Pompili s’est alors offert le plaisir d’une leçon de méthode administrée aux ingénieurs de l’Aviation civile : « Je rappellerai l’exemple de cet aéroport du Sud-Ouest qui demandait la destruction de milans qui volaient à proximité des pistes. Mais, enquête faite, si les milans étaient là, c’est parce qu’on avait installé à proximité une décharge qui attirait ces oiseaux ». La leçon a été suivie d’un scoop : « Le Commissariat Général à l’Environnement et au Développement Durable a produit un rapport sur les outardes canepetières sur l’aéroport de Marseille-Provence. Je suis en train de me prononcer sur les recommandations. Parce que je suis pragmatique, je vais accepter la très grande majorité des recommandations de ce rapport MAIS À UNE CONDITION : que l’avant-dernière recommandation devienne la première et qu’elle soit mise en œuvre préalablement. Cette recommandation est, je cite « d’intégrer de façon très attentive dans la gestion des autorisations administratives au niveau départemental et régional, la préservation des espaces naturels favorables aux outardes et d’organiser annuellement dans les Bouches-du-Rhône une réunion de bilan et de prospective sur ce sujet. » Si je vous cite cet exemple, c’est qu’il est au cœur de la problématique qui voit trop souvent s’opposer préservation d’espèces menacées donc défense de la biodiversité et activités économiques. ».

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