Bonne année quand même !

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Le but affiché de l’intervention brutale des Etats-Unis au Vénézuéla -mettre la main sur les immenses réserves pétrolières de ce pays- vient rappeler l’orientation désespérément extractiviste de l’Amérique de Trump. L’exploitation des réserves pétrolières offshore et celle des fonds marins suivront incessamment. Et le Groënland peut s’inquiéter, tant pour ses propres ressources que pour sa souveraineté et sa démocratie.

La semaine dernière Trump a dénoncé la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), traité fondateur de tous les autres accords climatiques internationaux, conclu en 1992. C’est ce traité qui sous-tend l’organisation annuelle des conférences mondiales sur le climat, les COP. Et c’est la première fois qu’un pays décide d’en sortir.

Trump ne s’est pas arrêté là. Par le même décret, il a mis fin à la participation des Etats-Unis au GIEC (le paradoxe, c’est que le GIEC a été créé dans les années 1980 à l’initiative des Etats-Unis, en plus précisément du président républicain Ronald Reagan !)

C’est tout ? Non. Trump a aussi dénoncé l’adhésion des USA à l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena), à l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN, celle qui élabore la Liste Rouge des espèces menacées) ou à l’ONU-Eau. Mais l’environnement n’est pas la seule cible de l’administration Trump : le décret publié la semaine dernière exige ainsi la sortie des États-Unis du Fonds des Nations unies pour la population, spécialisé dans la santé de la mère et de l’enfant, et d’ONU-Femmes.

Le secrétaire d’État Marco Rubio a accusé toutes ces organisations de promouvoir -quelle horreur !- une «idéologie progressiste», via des «  campagnes pour l’égalité de genre et l’orthodoxie climatique».

La suite de l’histoire est facile à deviner : dans les mois et les années qui viennent, les émissions de CO2 repartiront gaillardement à la hausse, et l’effondrement de la biodiversité (terrestre, mais aussi marine) s’accélèrera. Les pauvres seront plus pauvres et subiront plus violemment les crises climatiques et sanitaires, les copains de Trump (et Trump lui-même) seront plus riches, et après eux le déluge.

Allez, bonne année quand même, puisqu’on est toujours dans la période des vœux…